CENT UNE DÉCOUVERTES
Les expériences
Ce que l’on peut vivre sur place
Activités sportives, randonnées et sentiers, art, culture et patrimoine, marchés et gastronomie, savoir-faire local, en famille
6 expériences recensées à ce jour.
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HAUTE-GARONNE
NATURE ET Randonnées
Pyrénées, lacs, forêts et sentiers de grande randonnée.
La Haute-Garonne est un département qui commence dans les plaines agricoles du Lauragais et finit dans les neiges éternelles des Pyrénées — une amplitude verticale et paysagère que peu de départements français peuvent revendiquer, et qui fait de ce territoire l’un des plus divers de France pour le randonneur qui cherche à multiplier les expériences dans un périmètre raisonnable. Entre Toulouse et la frontière espagnole, le relief s’organise en gradins successifs : les coteaux de Gascogne couverts de vignes et de vergers, les collines du Comminges où les villages perchés dominent des vallées larges et cultivées, les contreforts pyrénéens où les forêts de chênes et de hêtres prennent progressivement la place des cultures, et enfin les hautes vallées — Luchon, Saint-Béat, Bagnères — où la montagne s’impose dans toute sa majesté avec ses glaciers, ses lacs d’altitude et ses cols qui ont vu passer depuis des millénaires bergers, pèlerins, contrebandiers et cyclistes du Tour de France.Le massif du Biros, la vallée du Larboust, le cirque du Lys au-dessus de Luchon — ces noms évoquent pour les randonneurs chevronnés des itinéraires d’une beauté austère et pure, où l’on marche pendant des heures sans rencontrer d’autre trace humaine que les cairns posés par les passages antérieurs et les cabanes de bergers fermées hors saison. Le GR10, qui traverse les Pyrénées d’Hendaye à Banyuls en longeant le versant français, parcourt la Haute-Garonne sur plusieurs dizaines de kilomètres en passant par des cols qui offrent des panoramas sur les deux versants — France au nord, Espagne au sud — dans une clarté de haute altitude qui donne l’impression que l’horizon s’est élargi d’un coup. Les lacs glaciaires du massif de Luchon — lac d’Oô, lac Célinda, lac du Portillon — sont des destinations de randonnée à la journée accessibles depuis la station thermale, avec des dénivelés significatifs mais des sentiers bien tracés qui permettent à des marcheurs de bon niveau de les atteindre sans équipement de haute montagne. Le lac d’Oô, dont la cascade alimentée par le lac supérieur tombe de deux cent soixante-quinze mètres dans un décor de cirque glaciaire encerclé de parois grises, est l’un des sites naturels les plus photographiés des Pyrénées françaises — et l’un de ceux qui résistent le mieux à la reproduction, parce que la sensation physique d’être au pied de cette chute dans l’air froid et humide du cirque ne passe pas dans une image.Les espaces naturels du piémont et des coteaux offrent une randonnée plus douce mais tout aussi riche en découvertes : les sentiers du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises, qui déborde sur la Haute-Garonne, traversent des paysages de bocage montagnard où les vaches blondes d’Aquitaine paissent dans des prairies que délimitent des haies anciennes abritant une biodiversité remarquable. Les ornithologues qui parcourent les crêtes du Comminges au moment des migrations printanières et automnales peuvent observer des rapaces — vautours fauves, percnoptères, gypaètes barbus — qui utilisent les courants ascendants des vallées pyrénéennes pour leurs vols de prospection, dans des concentrations qui n’existent nulle part ailleurs en France métropolitaine avec cette densité et cette régularité.Le saviez-vous ? Le pic du Midi de Bigorre (2 877 m), accessible depuis la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, abrite depuis 1878 un observatoire astronomique qui fut pendant des décennies l’un des plus importants d’Europe grâce à la qualité exceptionnelle de son ciel — une qualité liée à la position du sommet au-dessus de la couche de brume qui couvre régulièrement les plaines gasconnes. C’est depuis cet observatoire que furent réalisées certaines des premières photographies lunaires de haute résolution, et ses données météorologiques collectées en continu depuis plus d’un siècle constituent une archive climatique de référence mondiale pour l’étude du changement climatique en zone de haute montagne.
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HAUTE-GARONNE
PATRIMOINE ET HISTOIRE
Châteaux, abbayes, bastides et sites remarquables
Toulouse est une ville qui a traversé les siècles sans jamais perdre le fil de sa propre histoire — une histoire tumultueuse, contradictoire, parfois tragique, toujours intense, qui a fait de la Ville Rose l’une des cités les plus chargées de mémoire du Sud-Ouest français. Capitale des comtes de Toulouse qui régnèrent sur un territoire immense et une civilisation brillante avant que la croisade contre les Albigeois ne brise leur puissance au XIIIe siècle, ville universitaire fondée en 1229 dans le sillage même de cette croisade comme instrument de la reconquête catholique, cité des Capitouls qui gouvernèrent ses affaires municipales pendant des siècles avec une fierté républicaine précoce — Toulouse a accumulé les couches d’histoire avec la densité des villes qui ont toujours été au carrefour des pouvoirs et des idées. La basilique Saint-Sernin, l’un des plus grands édifices romans d’Europe occidentale, s’élève depuis le XIe siècle au-dessus du tissu urbain avec une majesté tranquille qui dit l’ambition des bâtisseurs médiévaux et la permanence de ce qu’ils ont érigé : ses cinq nefs, son déambulatoire à chapelles rayonnantes et son clocher octogonal de briques roses sont un chef-d’œuvre absolu de l’art roman méridional, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle dont Toulouse fut l’une des étapes majeures.Hors de Toulouse, la Haute-Garonne déploie un patrimoine médiéval et roman d’une richesse souvent méconnue des visiteurs pressés. Saint-Bertrand-de-Comminges est peut-être le site le plus saisissant du département — une cathédrale gothique et romane perchée sur un oppidum au-dessus d’une plaine pyrénéenne, entourée des vestiges d’une ville romaine qui fut l’une des plus importantes de la Gaule du Sud sous le nom de Lugdunum Convenarum. Les colonnes, les thermes et le forum de la cité antique s’étalent au pied de la colline dans un désordre archéologique magnifique, tandis que la cathédrale gothique abrite des stalles de bois sculpté du XVIe siècle qui comptent parmi les plus belles de France — un ensemble qui juxtapose deux mille ans d’histoire dans un périmètre de quelques centaines de mètres. Valcabrère, en contrebas, possède une basilique romane construite en grande partie avec des pierres de remploi récupérées sur les ruines antiques voisines — une continuité matérielle entre l’Antiquité et le Moyen Âge qui n’est pas seulement architecturale mais presque philosophique dans ce qu’elle dit de la manière dont les hommes ont toujours récupéré le passé pour construire leur présent.Le Comminges médiéval a également laissé des abbayes et des châteaux qui ponctuent les vallées pyrénéennes de témoignages discrets mais intenses de l’histoire religieuse et seigneuriale de la région. L’abbaye de l’Escaladieu dans les Hautes-Pyrénées voisines, le château de Montmaurin dont les thermes gallo-romains évoquent le luxe d’une villa aristocratique du IVe siècle, les nombreuses commanderies de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dispersées dans les campagnes du Lauragais témoignent d’une occupation humaine ancienne et intense dont le sol continue de livrer des vestiges à chaque nouvelle fouille. La mémoire cathare n’est pas absente de Haute-Garonne — plusieurs villages des contreforts pyrénéens furent des refuges pour les parfaits en fuite après la chute de Montségur en 1244, et des sentiers de randonnée suivent aujourd’hui les chemins d’exil de ces hommes et femmes qui choisirent la montagne et l’Espagne plutôt que l’abjuration.Le saviez-vous ? Le Capitole de Toulouse, qui abrite aujourd’hui la mairie de la ville, doit son nom aux Capitouls — les magistrats élus qui gouvernèrent la cité de manière quasi autonome du XIIe au XVIIIe siècle, constituant l’une des formes les plus précoces et les plus stables d’autogouvernement municipal de l’histoire française. Cette institution unique, qui n’avait pas son équivalent dans les autres grandes villes du royaume, conféra à Toulouse une culture civique d’indépendance et de fierté locale qui marque encore aujourd’hui le caractère de la ville et de ses habitants — une mémoire collective qui traverse les siècles et continue d’informer l’identité toulousaine bien au-delà de la simple anecdote historique.
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HAUTE-GARONNE
GASTRONOMIE
Vins de Fronton, foie gras, cassoulet, violettes de Toulouse
La cuisine de Haute-Garonne est une cuisine de carrefour — celle d’un territoire qui a toujours été à la jonction de plusieurs mondes gastronomiques et qui a su tirer de cette position une identité culinaire propre, ni tout à fait gasconne ni tout à fait languedocienne ni tout à fait pyrénéenne, mais résolument méridionale dans ses saveurs, ses générosités et son rapport festif au repas partagé. Toulouse est une ville qui mange bien et qui le sait — une ville où les marchés du Victor Hugo et des Carmes sont des institutions aussi importantes que les musées, où les bouchers, les charcutiers et les fromagers exercent leur métier avec une conscience professionnelle qui tient de la vocation, où l’on discute sérieusement d’une cassoulet comme d’autres discutent d’un match de rugby — avec passion, avec partialité et avec la certitude absolue que sa propre version est la meilleure.La saucisse de Toulouse est le fil rouge de cette gastronomie — une saucisse fraîche de porc hachée gros, assaisonnée simplement de sel et de poivre, dont la qualité repose entièrement sur celle de la viande et du savoir-faire du charcutier qui la prépare. Elle est l’âme du cassoulet toulousain, ce plat de haricots blancs et de viandes confites qui oppose depuis des siècles Toulouse, Castelnaudary et Carcassonne dans une querelle de légitimité aussi sérieuse que délicieuse — chaque ville revendiquant la paternité du plat et la supériorité de sa recette avec des arguments historiques, gastronomiques et identitaires qui font sourire mais qui disent quelque chose de vrai sur l’importance de la table dans la construction des identités locales du Sud-Ouest. Le cassoulet toulousain se distingue par l’adjonction de saucisse de Toulouse et parfois de manchons de canard confits aux haricots et au confit, dans une terrine de terre cuite que l’on passe au four jusqu’à ce que la croûte dorée soit assez épaisse pour être enfoncée sept fois selon la tradition — un chiffre rituel qui dit la patience et la lenteur constitutives de ce plat.La Haute-Garonne est aussi un département de bonne table pyrénéenne — agneau de lait des Pyrénées élevé sur les estives d’altitude dont la chair blanche et délicate n’a rien à voir avec le mouton de plaine, truite des gaves et des torrents de montagne cuisinée au bleu ou à la meunière avec la simplicité qui convient aux poissons de qualité irréprochable, cèpes et girolles ramassés en automne dans les forêts de hêtres et de chênes du piémont. La violette de Toulouse — cette fleur cultivée dans les environs de la ville depuis le XVIe siècle et transformée en liqueur, en bonbons, en sirops et en cristaux de sucre — est l’emblème sucré d’une ville qui a fait de cette modeste fleur un élément d’identité aussi fort que la brique rose de ses monuments. Les confiseries toulousaines qui perpétuent la tradition de la violette cristallisée selon des méthodes artisanales héritées du XIXe siècle sont des adresses incontournables pour quiconque cherche à rapporter de Toulouse quelque chose d’authentiquement local dans ses bagages.Le saviez-vous ? Le haricot blanc qui constitue la base du cassoulet ne fut introduit en Europe qu’après la découverte de l’Amérique au XVe siècle — ce qui signifie que le cassoulet tel que nous le connaissons ne peut pas avoir plus de cinq siècles d’existence, contrairement à la légende qui veut qu’il ait été inventé pendant la guerre de Cent Ans pour nourrir les assiégés de Castelnaudary. Les versions médiévales du plat étaient préparées avec des fèves ou des pois cassés, légumineuses européennes disponibles avant l’arrivée des haricots américains — une réalité historique qui n’enlève rien à la saveur du plat mais qui rappelle que même les traditions culinaires les plus enracinées ont une histoire faite d’emprunts, de voyages et de transformations progressives.
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HAUTE-GARONNE
Activités Outdoor
Parapente, vélo, canoë, escalade et sports en pleine nature
La Haute-Garonne offre aux amateurs de plein air une palette d’activités qui n’a pas son équivalent dans beaucoup de départements français — celle d’un territoire qui passe en moins de deux heures de route des plaines agricoles du Lauragais aux faces nord des sommets pyrénéens, offrant à chaque saison des terrains de jeu radicalement différents dans leur nature, leur exigence et leurs sensations. L’été appelle la montagne et ses lacs, l’hiver appelle la neige et ses pistes, mais le printemps et l’automne révèlent peut-être le visage le plus singulier du département — celui d’une nature en mouvement, entre les crues des torrents gorgés de neige fondue et les forêts qui changent de couleur en une semaine sur les versants du Comminges, offrant des conditions d’activité outdoor que les initiés connaissent et que les foules n’ont pas encore découvertes.L’escalade est l’une des disciplines où la Haute-Garonne excelle — et notamment autour de la vallée de la Garonne en amont de Saint-Béat, où des falaises de marbre blanc et de calcaire offrent des voies de tous niveaux dans des cadres de montagne exceptionnels. Le site de Cazaril-Laspènes, les falaises de Marignac, les blocs erratiques du plateau de Lannemezan accessible en une heure depuis Toulouse — autant de terrains d’entraînement et de découverte que la communauté des grimpeurs locaux fréquente avec une assiduité qui témoigne de leur qualité. Le vélo de montagne a colonisé les pistes forestières du piémont pyrénéen avec une vitalité qui a transformé certains villages du Comminges en bases de départ pour des itinéraires techniques sur des versants boisés que les pluies atlantiques gardent verts et praticables une grande partie de l’année. Luchon-Superbagnères, station pyrénéenne dont le nom résonne dans l’histoire du Tour de France depuis 1910, propose en été des descentes en VTT depuis les crêtes que les télécabines permettent d’atteindre sans effort, ouvrant les paysages d’altitude aux cyclistes qui n’ont pas nécessairement les jambes pour les mériter à la pédale.Les sports d’eau vive trouvent dans les gaves et les torrents du département des terrains d’exception — le gave de Garonne en aval de Luchon, l’Arboust, la Pique et leurs affluents descendent des massifs glaciaires avec une énergie qui ravit les kayakistes et les rafteurs à la recherche de sensations fortes dans des gorges où la roche métamorphique polie par des millénaires de courant forme des sculptures naturelles que l’on ne voit qu’à vitesse d’eau. Les parapentistes qui décollent des crêtes du Burat ou du plateau de Lannemezan bénéficient de conditions thermiques exceptionnelles créées par la rencontre entre les masses d’air atlantiques et méditerranéennes au-dessus du relief pyrénéen — des conditions qui ont fait de la Haute-Garonne l’une des destinations de vol libre les plus appréciées du Sud-Ouest, avec des trajectoires qui permettent par beau temps d’apercevoir depuis le ciel la totalité du relief pyrénéen d’est en ouest dans une clarté qui donne le sentiment de tenir le pays entier dans son regard.Le saviez-vous ? Le col du Tourmalet, que la Haute-Garonne partage avec les Hautes-Pyrénées, est le col routier le plus souvent emprunté par le Tour de France depuis la première ascension en 1910 — une ascension que les coureurs de l’époque effectuèrent sur des vélos à pignon fixe, sans dérailleur, sur une route non goudronnée qui n’était en réalité qu’une piste muletière. Octave Lapize, qui franchit le col en tête ce jour-là avant de remporter l’étape, aurait apostrophé les organisateurs du Tour avec le mot « Assassins ! » en passant devant eux au sommet — une exclamation qui est entrée dans la légende du cyclisme et qui dit quelque chose d’essentiel sur la démesure des Pyrénées et sur l’obstination de ceux qui choisissent de les affronter.
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SAVOIR-FAIRE
Artisanat, textile, aéronautique et traditions
Toulouse n’est pas seulement la ville rose de la brique et du rugby — c’est aussi, depuis le milieu du XXe siècle, la capitale française de l’aéronautique et du spatial, un savoir-faire industriel d’une sophistication extrême qui a transformé une ville de tradition agricole et universitaire en métropole technologique de premier plan européen. L’usine d’assemblage final d’Airbus à Blagnac, où les fuselages et les ailes des avions commerciaux arrivent par convoi exceptionnel depuis les usines partenaires de Hambourg, Bristol et Madrid avant d’être assemblés en avions complets, est l’un des sites industriels les plus impressionnants de France — un lieu où des milliers d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers spécialisés exercent des métiers qui n’existaient pas il y a un siècle, avec une précision et une rigueur que l’industrie aéronautique exige de manière absolue parce que ses marges d’erreur sont nulles. L’Aéroscopia, musée aéronautique installé à Blagnac dans un bâtiment conçu pour accueillir les plus grands appareils de la collection, raconte cette aventure industrielle avec des avions grandeur nature — un Concorde, un A300B, un Super Guppy — exposés dans des conditions qui permettent de mesurer physiquement ce que représente la maîtrise technique nécessaire pour faire voler de tels objets.Mais le savoir-faire de Haute-Garonne ne se résume pas à l’industrie aéronautique — il plonge aussi ses racines dans des traditions artisanales et agricoles d’une grande diversité. Le marbre des Pyrénées, extrait depuis l’Antiquité dans les carrières de Saint-Béat, de Caunes-Minervois et du Comminges, a alimenté pendant des siècles les chantiers de construction et de décoration des grands édifices français — le château de Versailles lui-même utilise des marbres commingeois dans plusieurs de ses grandes salles, une distinction qui dit la qualité des matériaux extraits par des carriers dont le savoir-faire de taille et d’extraction était reconnu dans toute la France. Les marbriers du Comminges qui perpétuent aujourd’hui cette tradition dans de petits ateliers travaillent des pierres dont la variété chromatique — blanc, gris veiné, rose, vert — compose une palette naturelle d’une richesse que peu de gisements européens peuvent égaler. La facture d’orgues est un autre savoir-faire remarquable de la région — Toulouse possède plusieurs des plus beaux orgues de France, et les facteurs d’orgues qui entretiennent et restaurent ces instruments dans leurs ateliers exercent une profession qui demande à la fois des compétences d’acousticien, de menuisier, de métallurgiste et de musicien, une synthèse des savoirs manuels et intellectuels qui représente peut-être la forme la plus haute de l’artisanat traditionnel.La viticulture du Lauragais et des coteaux de Gascogne produit dans la partie ouest du département des vins blancs secs et des vins doux naturels qui bénéficient d’un terroir argilo-calcaire et d’un ensoleillement méridional généreux. Les vignerons qui travaillent ces appellations avec une rigueur croissante — réduisant les rendements, privilégiant la vendange manuelle, expérimentant de longues macérations — produisent des vins qui commencent à trouver leur place dans les circuits de distribution spécialisés et les caves des amateurs éclairés. La production de violettes cristallisées et de produits dérivés de la violette de Toulouse — une filière artisanale qui avait presque disparu au milieu du XXe siècle et qui a connu une renaissance remarquable depuis les années 1980 — mobilise aujourd’hui des producteurs, des confiseurs et des liquoristes qui ont reconstitué les techniques traditionnelles de cristallisation et de distillation avec un soin documentaire qui tient presque de la restauration patrimoniale.Le saviez-vous ? La Dépêche du Midi, fondée à Toulouse en 1870, fut pendant plus d’un siècle le premier quotidien régional de France par sa diffusion — un organe de presse républicain et anticlérical qui contribua puissamment à la formation de l’identité politique du Sud-Ouest français et qui compta parmi ses collaborateurs Jean Jaurès, dont les articles publiés dans ses colonnes entre 1887 et 1914 constituent un document exceptionnel sur la pensée socialiste française de la Belle Époque. Ce savoir-faire journalistique et éditorial, enraciné dans une tradition de presse régionale indépendante et engagée, est lui aussi un patrimoine immatériel de Haute-Garonne dont l’influence sur la culture politique méridionale fut considérable.
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HAUTE-GARONNE
EN FAMILLE
Parcs, fermes, activités ludiques et découvertes pour petits et grands
Toulouse a ceci de rare parmi les grandes métropoles françaises qu’elle n’intimide pas les enfants — elle les accueille avec une chaleur méridionale et une échelle humaine qui la rendent immédiatement familière, praticable et joyeuse pour les petits visiteurs qui la découvrent pour la première fois. Ses places animées, ses marchés colorés, ses berges de Garonne aménagées en espaces de promenade et de jeux, son réseau de musées scientifiques et techniques conçus avec une réelle attention pédagogique — tout contribue à faire de la ville rose une destination familiale de premier ordre, capable de satisfaire simultanément la curiosité des enfants et le plaisir des adultes sans que les uns s’ennuient en attendant les autres. La Cité de l’Espace, installée dans l’est de la ville, est l’attraction familiale emblématique de Toulouse et l’une des plus visitées de France : une fusée Ariane 5 grandeur nature trône à l’entrée du site comme une promesse tenue, et les expositions interactives sur la conquête spatiale, le système solaire et les technologies satellitaires captent l’attention des enfants avec cette magie particulière des lieux qui donnent à chaque visiteur le sentiment de comprendre des choses complexes sans effort apparent.Le piémont pyrénéen, à moins d’une heure au sud de Toulouse, offre aux familles des espaces de nature et d’aventure à la mesure de tous les âges. Les parcs animaliers spécialisés dans la faune pyrénéenne — ours bruns, loups, vautours, isards — permettent aux enfants de rencontrer des animaux sauvages dans des conditions qui respectent à la fois le bien-être des animaux et la sécurité des visiteurs, tout en transmettant des messages de conservation et de cohabitation que les plus jeunes intègrent avec une facilité qui dit la force pédagogique des expériences directes. Les grottes de Gargas, près d’Aventignan, sont l’une des expériences culturelles les plus saisissantes que l’on puisse offrir à des enfants curieux — des mains en négatif peintes sur les parois calcaires il y a vingt-sept mille ans par des hommes et des femmes qui n’avaient rien d’autre que de l’ocre et leurs propres mains pour laisser une trace de leur passage dans le monde. Voir ces mains, comprendre leur ancienneté, imaginer la personne qui s’est tenue dans ce même endroit dans l’obscurité totale avec une torche de résine — c’est une expérience d’une densité temporelle que peu d’autres sites préhistoriques accessibles aux familles peuvent égaler.L’hiver transforme le département en terrain de jeu neigeux pour les familles qui n’ont pas les moyens ou l’envie des grandes stations alpines — Luchon-Superbagnères, avec ses pistes adaptées aux débutants et ses équipements familiaux, propose une initiation au ski alpin dans un cadre de station thermale du XIXe siècle d’un charme incomparable, avec des hôtels et des restaurants qui ont conservé quelque chose de l’ambiance des cures hivernales d’autrefois. Les balades en raquettes au-dessus de la vallée du Larboust, les glissades en luge sur les pentes enneigées du plateau de Burat, les châtaigniers de la forêt de Bouconne à l’automne avec leurs tapis de feuilles dorées et leurs trésors de champignons — la Haute-Garonne offre aux familles une succession de saisons chacune différente, chacune précieuse, qui justifient le retour année après année dans un département qui sait renouveler ses propositions sans jamais trahir ce qu’il est fondamentalement : un pays généreux, vaste et ouvert sur le ciel.Le saviez-vous ? Le Muséum de Toulouse, fondé en 1865 et rénové en 2008, possède l’une des collections d’histoire naturelle les plus importantes de France avec plus de deux millions et demi de spécimens — minéraux, fossiles, animaux naturalisés, herbiers — dont certains furent rapportés des grandes expéditions naturalistes du XIXe siècle par des explorateurs toulousains dont les noms sont aujourd’hui attachés à des espèces animales et végétales découvertes aux quatre coins du monde. Sa galerie de l’évolution du vivant, conçue pour rendre accessible à tous les publics les grandes questions de la paléontologie et de la biologie évolutive, est l’une des expériences muséales les plus réussies de France pour les familles avec enfants — un lieu où l’on ressort différent de comment on y est entré, avec de nouvelles questions plutôt que de simples réponses.
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