SAVOIE
Vivre une aventure en chiens de traîneau
Découvrez l'univers des mushers lors d'une expérience en chiens de traîneau à Val d’Isère. Rencontrez les chiens nordiques et vivez un moment privilégié au cœur des…
Le chenil est toujours plus loin du village qu’on ne l’imaginait, une distance calculée non pas pour l’inconvénient du visiteur mais pour la tranquillité des chiens, qui ont besoin d’espace, d’air et d’un éloignement suffisant des bruits de la station pour vivre selon leur propre rythme entre les sorties. À Val-d’Isère, les attelages qui proposent des balades en traîneau s’installent généralement dans les secteurs périphériques du territoire communal, au-delà du Fornet, dans les replats du vallon du Manchet ou sur les pistes des alpages supérieurs, là où la neige est vierge suffisamment longtemps après les chutes pour que la course ait le caractère d’une exploration plutôt que d’un circuit sur terrain balisé. Ce choix d’implantation dit quelque chose sur la philosophie de ces structures : elles ne vendent pas une prestation touristique standardisée mais une expérience dont la qualité dépend de la qualité de la neige, de l’état des chiens et des conditions du jour — trois variables que le calendrier ne contrôle pas.Ce qui frappe dans l’expérience des chiens de traîneau à Val-d’Isère plus encore peut-être que dans les stations de basse altitude, c’est le rapport entre le silence de la haute montagne hivernale et le bruit des chiens avant le départ. La haute Tarentaise en hiver a un silence particulier, dense, complet, légèrement oppressant pour les oreilles habituées au bruit constant des villes, et les hurlements des chiens qui sentent l’imminence de la course s’y découpent avec une précision acoustique qui n’appartient qu’aux espaces sans obstacle entre la source sonore et l’oreille. Puis le départ, et le silence revient immédiatement, les chiens ne hurlent plus quand ils courent, ils respirent, et dans cette respiration collective et rythmée, dans le bruit des pattes sur la neige et des patins du traîneau, il y a une musique de l’effort animal qui est l’une des choses les plus belles que la montagne d’hiver puisse donner à entendre.Les itinéraires en chiens de traîneau depuis Val-d’Isère bénéficient d’une topographie qui n’est pas celle des grandes plaines nordiques où la mushing s’est développée — pas de longues lignes droites à perte de vue, mais des couloirs entre les versants, des virages dictés par le relief, des changements d’altitude que les chiens négocient en modifiant leur allure avec une intelligence collective qui n’a jamais besoin d’être commandée. Le musher oriente, équilibre, freine dans les descentes — mais les chiens lisent le terrain avant lui et l’informent de ce qui vient par la façon dont l’attelage se comporte dans les secondes qui précèdent un virage ou une côte. Cette communication entre l’homme et les chiens, qui fonctionne sans mots dans les deux sens, est ce que les mushers essaient d’expliquer à leurs passagers et ce que les passagers comprennent, le temps d’une sortie, mieux qu’ils ne l’auraient compris avec aucune explication.Le saviez-vous ?
La Tarentaise a une histoire ancienne avec les chiens de travail, les bouvier des Alpes et les patous (chiens de protection des troupeaux) ont accompagné les alpagistes de cette vallée pendant des siècles, gardant les troupeaux des loups et des ours dans les alpages d’été. Le retour du loup dans les Alpes françaises depuis les années 1990, après une absence d’un siècle due à l’extermination systématique de l’espèce, a provoqué un renouveau de l’utilisation des chiens de protection dans les élevages de la haute Tarentaise, une pratique interrompue depuis des générations qui a dû être réapprise, souvent avec l’aide de bergers des Balkans et d’Espagne où la cohabitation avec les grands prédateurs n’avait jamais cessé.
Lire la suitePhoto : PederVA — Wikimedia Commons — Licence CC BY 4.0. commons.wikimedia.org
Val-d’Isère