SECRET · ARIÈGE

Foix — Ariège

Un château médiéval imposant qui veille sur la vallée depuis plus de 1000 ans

Foix — Ariège
Photo : Illustration photoréaliste générée par intelligence artificielle avec ChatGPT (OpenAI)

Foix est une ville qui s’annonce de loin — ou plutôt, c’est son château qui s’annonce, planté sur un éperon rocheux au confluent de l’Ariège et du Ferme avec la verticalité tranquille d’une forteresse qui n’a jamais eu besoin de se justifier. Trois tours de hauteurs inégales, construites à des époques différentes entre le X᷈ et le XV᷈ siècle, se dressent au-dessus de la ville comme les doigts d’une main qui aurait saisi le rocher depuis des siècles et refusé de le lâcher. Le château des comtes de Foix est l’un des châteaux médiévaux les mieux conservés du Sud-Ouest, non pas parce qu’il aurait été épargné par l’histoire — il fut assiégé, pris, rendu, remanié, transformé en prison sous la Révolution — mais parce que sa position sur le roc l’a protégé des démolitions et des récupérations de matériaux qui ont fait disparaître tant de forteresses médiévales françaises. Aujourd’hui musée départemental de l’Ariège, il abrite des collections archéologiques et historiques qui racontent l’histoire du comté depuis la préhistoire pyrénéenne jusqu’aux guerres de Religion, avec une cohérence narrative que le bâtiment lui-même amplifie.

La ville qui s’étend au pied du rocher est une ville de taille modeste — préfecture d’un des départements les moins peuplés de France — mais une ville qui a la densité historique des capitales régionales qui ont longtemps été plus importantes que leur taille actuelle ne le laisse supposer. Le comté de Foix fut pendant trois siècles l’une des principautés les plus puissantes du Midi, gouvernée par des comtes dont l’indépendance vis-à-vis de la couronne de France fut constante et souvent orageuse, et dont le rayonnement culturel et politique s’étendait bien au-delà des limites des Pyrénées ariégeoises. Les rues du vieux Foix, qui s’organisent autour de la place Dutilh et du quartier de la Préfecture avec leurs maisons à colombages et leurs hôtels particuliers des XVII᷈ et XVIII᷈ siècles, gardent la mémoire de cette époque où Foix était une cour, un centre de décision et un lieu de culture. L’église Saint-Volusien, dont le chœur gothique du XIV᷈ siècle contraste avec la nef romane qui le précède, est l’un des monuments de cette stratification historique dont la ville est faite.

L’Ariège qui traverse Foix au pied du château est une rivière à la personnalité bien affirmée — torrentielle en période de fonte des neiges, apaisée et transparente en été, toujours présente dans le paysage et dans la vie de la ville avec cette insistance que les rivières pyrénéennes ont de rappeler constamment que la montagne est là, proche, que les eaux qui coulent ici viennent des sommets et que le territoire n’est pas une abstraction administrative mais un système naturel dont la ville fait partie. Les randonneurs qui utilisent Foix comme base de départ pour explorer les vallées et les sommets de l’Ariège trouvent dans cette rivière un fil conducteur — au sens propre comme au sens figuré — qui relie la préfecture aux hauteurs du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises et aux stations de ski qui jalonnent les vallées du Donezan et du Vicdessos.

Le saviez-vous ?
Le plus célèbre des comtes de Foix fut sans conteste Gaston III, dit Gaston Fébus — surnom que lui valaient sa chevelure rousse et son identification au dieu solaire —, qui régna sur le comté de 1343 à 1391 et en fit l’une des cours les plus brillantes d’Europe. Grand chasseur, mécène et homme de lettres, il est l’auteur du Livre de chasse, traité cynégétique en langue vernaculaire qui reste à ce jour l’un des textes fondateurs de la littérature cynégétique mondiale, illustré de miniatures d’une beauté exceptionnelle et traduit en plusieurs langues dès le XV᷈ siècle. Froissart, qui le rencontra à Orthez en 1388 lors d’une visite mémorable, le décrivit comme “le plus bel homme et le plus vaillant qu’il ait jamais vu” — et son château de Foix, qu’il fit agrandir et embellir tout au long de son règne, fut le théâtre d’une vie de cour dont l’éclat était tel qu’il attira poètes, musiciens et chroniqueurs de toute l’Europe courtoise.

Département : Ariège

Situation

42,9637° N · 1,6045° E