SECRET · NICE (ALPES-MARITIMES)

La Colline du Château au crépuscule

Montez par les escaliers cachés depuis le Vieux-Nice et admirez la vue spectaculaire sur la baie des Anges et la ville illuminée, loin de la foule.

La Colline du Château au crépuscule
Photo : Illustration photoréaliste générée par intelligence artificielle avec ChatGPT (OpenAI) — 2026.

Il faut monter, à pied par l’escalier taillé dans la roche depuis la rue du Château, ou par l’ascenseur discret creusé dans la falaise au bout de la promenade des Anglais, ou encore par le funiculaire dont la cabine orange monte et descend depuis la tour Bellanda avec la régularité d’un métronome. Peu importe le chemin : ce qui compte, c’est le moment où l’on arrive sur la terrasse principale de la colline du Château et où la ville s’ouvre sous soi dans toute son étendue, le Vieux-Nice à l’est avec ses toits de tuiles romanes et ses clochers baroques, la Promenade des Anglais qui file vers l’ouest jusqu’à perdre dans la brume du soir, et devant, la mer, la Méditerranée dans son bleu de fin de journée qui vire progressivement vers l’indigo et puis vers le noir tandis que le ciel au-dessus fait le chemin inverse, du blanc de l’après-midi vers les oranges et les roses et les rouges du crépuscule. Il n’existe pas à Nice de point de vue qui égale celui-ci au moment précis où la lumière change.

La colline du Château est un paradoxe géographique : elle porte le nom d’une forteresse qui n’existe plus, rasée sur ordre de Louis XIV en 1706 après le siège de la ville, pour que rien ne puisse jamais plus servir à résister aux armées françaises, et elle est aujourd’hui un jardin public suspendu au-dessus de la mer, habité par des pins parasols et des cascades artificielles et des chats qui dorment sur les murets chauffés par la pierre. Au crépuscule, quand les derniers visiteurs de l’après-midi sont repartis et que les promeneurs du soir arrivent avec leurs chiens et leurs enfants et leurs bouteilles d’eau, il se crée sur la terrasse haute une qualité de silence et de lumière qui n’appartient qu’à ce moment-là et à cet endroit-là, le silence d’une ville immense qu’on contemple d’en haut, la lumière d’un soleil qui disparaît derrière les collines de l’arrière-pays en incendiant une dernière fois la façade des immeubles de la Promenade.

Le saviez-vous ?
La colline du Château abrite l’un des plus anciens cimetières civils de France encore en activité, le cimetière du Château, creusé à flanc de falaise au XIX᷈ siècle, où reposent des familles niçoises, des artistes, des militaires et des étrangers fortunés venus mourir sur la Côte d’Azur. Sa particularité est d’être divisé en plusieurs sections confessionnelles, catholique, protestante, israélite, orthodoxe russe, qui témoignent de la composition cosmopolite de la Nice du XIX᷈ siècle, alors sous domination sarde puis récemment rattachée à la France. Certaines tombes orthodoxes portent des inscriptions en cyrillique et des portraits photographiques émaillés qui regardent la mer depuis plus d’un siècle.

Commune : Nice (Alpes-Maritimes)

Situation

43,6960° N · 7,2714° E

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