EXPÉRIENCE · MAYENNE

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Métiers d'art, Toiles de Mayenne, artisanat et produits locaux

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Photo : Mayenne tourisme — Wikimedia Commons — Licence CC BY-SA 4.0. commons.wikimedia.org

Le récit

La Mayenne fabrique depuis des siècles des choses que l’on reconnaît rarement comme mayennaises — des toiles de lin qui habillèrent les tables des grandes maisons d’Europe, des fromages que les moines perfectionnèrent dans le silence de leurs abbayes, des dentelles aux fuseaux que les femmes du bocage tressaient aux veillées d’hiver avec la patience des gestes appris dès l’enfance. Ce savoir-faire multiple et discret est à l’image du département lui-même — sans ostentation, sans grande mise en scène de soi, mais d’une qualité et d’une profondeur historique que ceux qui savent chercher finissent toujours par trouver. La Mayenne n’a jamais eu besoin de se vendre comme terre d’excellence artisanale parce qu’elle l’est dans les faits, dans les ateliers, dans les fermes et dans les caves où les gestes ancestraux continuent de produire des objets et des aliments dont la qualité parle d’elle-même sans avoir besoin de discours.

Le lin mayennais fut pendant des siècles l’une des productions textiles les plus réputées de France — les toiles de lin de Laval et du bas Maine étaient exportées jusqu’en Espagne et au Portugal, où elles servaient à confectionner les voiles des navires qui partaient pour les Amériques. Cette industrie linière, qui employait des milliers de tisserands à domicile dans les fermes du bocage mayennais, s’est progressivement effacée au XIXe siècle sous la concurrence du coton industriel, mais elle a laissé dans la culture du département une familiarité avec les fibres naturelles et le travail du textile qui nourrit encore aujourd’hui des ateliers de tissage artisanal, des créateurs de mode qui travaillent le lin biologique cultivé dans les champs du nord de la Mayenne, et des associations de préservation du patrimoine textile qui maintiennent vivants les savoir-faire du filage et du tissage à la main. Le chanvre, cultivé dans la Mayenne depuis le Moyen Âge pour ses fibres et ses graines, connaît un renouveau remarquable lié à l’intérêt croissant pour les matériaux biosourcés dans la construction et le textile — plusieurs agriculteurs mayennais ont relancé sa culture en lien avec des filières de transformation locales qui produisent des isolants, des textiles et des cosmétiques dont le marché ne cesse de s’élargir.

Le fromage Port-Salut — ou plus exactement le fromage produit à l’abbaye de Port-du-Salut selon la tradition cistercienne introduite par les moines de retour d’exil révolutionnaire au début du XIXe siècle — est le savoir-faire fromager emblématique de la Mayenne, même si la marque commerciale Port-Salut a depuis longtemps quitté les mains des moines pour celles de groupes industriels. Les moines de l’abbaye produisent toujours leur fromage artisanal sous le nom de « Fromage de l’Abbaye », à partir du lait des vaches des prairies environnantes, selon des méthodes qui n’ont guère changé depuis deux siècles — un fromage à pâte pressée non cuite, à la croûte orangée naturelle et à la saveur douce et beurrée qui dit la qualité des laits de bocage. Les fromagers artisanaux qui travaillent dans les campagnes mayennaises — producteurs de camemberts au lait cru, d’emmentals et de tommes affinées en caves naturelles — constituent un tissu fromager d’une diversité que le département ne met pas toujours assez en avant, préférant la modestie à la promotion qui lui ressemble si peu.

Le saviez-vous ? La Mayenne fut l’un des premiers départements français à développer une filière d’élevage de chevaux de trait percherons — une race lourde et puissante dont le berceau officiel est le Perche voisin mais dont les haras et les élevages mayennais ont contribué de manière significative au perfectionnement génétique depuis le XIXe siècle. Le cheval percheron fut exporté par dizaines de milliers vers les États-Unis, le Canada et l’Australie entre 1880 et 1920, où il fut utilisé pour les travaux agricoles et le transport avant que la mécanisation ne le remplace — faisant de la Mayenne et du Perche, à leur insu, des contributeurs discrets mais réels à l’agriculture et à l’économie des grandes plaines américaines et australiennes pendant plusieurs décennies.

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Département : Mayenne

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