CENT UNE DÉCOUVERTES
Les expériences
Ce que l’on peut vivre sur place
Activités sportives, randonnées et sentiers, art, culture et patrimoine, marchés et gastronomie, savoir-faire local, en famille
6 expériences recensées à ce jour.
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ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE
NATURE ET Randonnées
Gorges du Verdon, plateaux de Valensole, sentiers d'exception
Les Alpes-de-Haute-Provence sont un département de transitions et d’extrêmes, entre la Provence des lavandes et des cigales au sud, les Préalpes calcaires déchiquetées au centre, et les Alpes véritables aux sommets enneigés au nord, avec entre ces mondes des vallées encaissées, des plateaux ventés et des gorges taillées dans le calcaire blanc que l’eau a mis des millénaires à sculpter. C’est un département peu peuplé, le moins dense de France métropolitaine, où les villages perchés regardent des paysages que rien ni personne n’a encore eu les moyens d’abîmer sérieusement, où les routes à une voie serpentent entre des lavandes et des buis avec la nonchalance de chemins qui n’ont jamais eu à se presser. Le randonneur qui arrive ici depuis les sentiers balisés et fléchés des massifs alpins fréquentés découvre quelque chose de différent : une liberté de l’espace, une rareté de la foule, et une lumière, cette lumière du sud-est de la France, dure et nette à midi, d’or chaud le soir, qui transforme n’importe quel plateau ordinaire en quelque chose qui ressemble à une peinture.Les gorges du Verdon sont le monument naturel du département, et l’un des sites géologiques les plus spectaculaires d’Europe : quinze kilomètres de canyon creusé jusqu’à 700 mètres de profondeur dans le plateau calcaire, avec au fond une eau d’un turquoise irréel, cette couleur vient de la charge en calcite en suspension, que les kayakistes et les grimpeurs partagent depuis des décennies avec les randonneurs du sentier Martel, itinéraire de deux jours le long du fond de gorge qui reste l’une des grandes expériences de marche de France. En haut, les crêtes de la Palud-sur-Verdon et le belvédère de la Mescla offrent des vues en plongée vertigineuses sur le canyon que les busards et les vautours fauves, réintroduits dans les années 1990 et aujourd’hui nombreux, utilisent comme territoire de chasse sous les yeux des promeneurs. Plus à l’est, le parc national du Mercantour dont le département partage les contreforts avec les Alpes-Maritimes propose des sentiers de haute montagne parmi les plus sauvages des Alpes du Sud : lacs glaciaires, alpages déserts, chamois et bouquetins qui regardent les marcheurs avec la sérénité de ceux qui n’ont jamais appris à avoir peur des hommes.Le plateau de Valensole, au sud-ouest, est un autre monde encore : une immensité agricole plantée de lavande fine et de lavandin à perte de vue, parcourue de routes droites entre les rangs violets que les abeilles travaillent à l’aube avec une intensité bourdonnante, et que les randonneurs traversent sur le GR 406 dans une odeur et une lumière qui rendent les kilomètres indifférents. Les gorges de la Méouge, celles du Jabron, la forêt de Boscodon avec ses mélèzes centenaires et son abbaye cistercienne restaurée, chaque vallée de ce département réserve une géographie distincte, un microlimat différent, une faune et une flore qui ne se retrouvent pas dans la suivante. Il faut plusieurs séjours pour commencer à comprendre les Alpes-de-Haute-Provence ; un seul suffit pour ne plus vouloir partir.Le saviez-vous ? La réintroduction du vautour fauve dans les gorges du Verdon, entreprise à partir de 1999 par le Parc naturel régional du Verdon avec des oiseaux issus des Pyrénées et des Causses, est aujourd’hui considérée comme l’un des succès les plus remarquables de la conservation des rapaces en France. La colonie, qui comptait une vingtaine d’individus à ses débuts, dépasse désormais les 200 oiseaux nicheurs dans les falaises du canyon , un effectif qui fait du Verdon l’un des sites de nidification du vautour fauve les plus importants d’Europe en dehors des bastions pyrénéens et ibériques. Ces oiseaux au vol plané de presque trois mètres d’envergure ont entièrement modifié l’expérience de la randonnée dans les gorges : il n’est plus rare d’en voir plusieurs dizaines tournoyer simultanément dans les thermiques au-dessus du canyon, à quelques mètres parfois des belvédères, dans un spectacle qui n’avait pas été visible ici depuis plusieurs siècles.
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Alpes-de-Haute-Provence
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ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE
PATRIMOINE ET HISTOIRE
Citadelle de Sisteron, villages perchés, sites antiques
Les Alpes-de-Haute-Provence sont un département qui a été traversé par l’histoire sans jamais en être le centre — ce qui lui a parfois valu d’être oublié des grands récits nationaux, mais lui a aussi permis de conserver un patrimoine bâti d’une cohérence et d’une authenticité rares, non retouché par les restaurations trop zélées du XIX᷈ siècle ni déformé par le tourisme de masse du XX᷈. Les villages perchés du département, Moustiers-Sainte-Marie, Entrevaux, Simiane-la-Rotonde, Dauphin, Gréoux-les-Bains, ont la qualité de l’architecture vernaculaire méridionale qui a poussé là où elle était utile, sur les éperons rocheux qui protégeaient des incursions, avec des pierres taillées dans la roche du sous-sol immédiat, des ruelles qui suivent la topographie plutôt que l’urbanisme, des places avec une fontaine et un platane dont la disposition n’a pas changé depuis le Moyen Âge. Ce sont des villages qui se visitent à pied, lentement, en levant la tête sur les linteaux sculptés et les cadrans solaires qui ornent les façades avec une générosité décorative propre à la culture provençale.Digne-les-Bains, préfecture du département, est une ville thermale romaine, Dinia dans les sources latines, dont le passé géologique est aussi remarquable que le passé humain : la réserve naturelle géologique de Haute-Provence, qui s’étend sur 150 000 hectares autour de la ville, est l’une des plus grandes réserves géologiques d’Europe, protégeant des ammonites fossilisées parmi les plus spectaculaires du continent et des dalles à empreintes de dinosaures qui affleurent dans les collines comme des pages d’un livre laissé ouvert depuis cent millions d’années. Le musée-promenade de Digne, qui jalonne ce territoire d’œuvres d’art contemporain intégrées dans le paysage, mêle géologie, art et randonnée dans une expérience que peu d’autres villes de cette taille peuvent proposer. Plus au nord, Sisteron, la porte de la Provence, comme on l’appelle depuis l’Antiquité, campe sa citadelle sur un rocher qui domine le défilé de la Durance avec une autorité de forteresse gardienne : les guerres de Religion, les guerres de Succession d’Espagne et l’invasion de 1940 ont toutes laissé leurs traces dans les pierres et dans les archives de cette ville stratégique qui a su traverser les siècles sans perdre sa silhouette.L’héritage de Gassendi, le philosophe, mathématicien et astronome né à Champtercier en 1592, correspondant de Galilée et de Descartes, dont le nom est aujourd’hui porté par un cratère lunaire, rappelle que ce département en apparence retiré a produit des esprits qui ont participé à la révolution intellectuelle du XVII᷈ siècle européen. La maison natale de Jean Giono, à Manosque, est un autre repère de cette géographie culturelle : l’écrivain n’a presque jamais quitté sa ville natale et son œuvre entière est une cartographie littéraire de ce paysage de pierres blanches, de thym et de vent que les lecteurs du monde entier ont découvert à travers ses romans avant même de pouvoir s’offrir le voyage.Le saviez-vous ? Entrevaux, village médiéval fortifié sur les rives du Var, conserve l’une des rares citadelles intégralement conçues par Vauban, l’ingénieur militaire de Louis XIV, qui soit encore dans son état d’origine, sans reconstruction ni adjonction postérieure. La particularité d’Entrevaux tient à sa configuration unique : la citadelle n’est pas au sommet du village mais reliée à lui par un chemin de ronde en zigzag taillé dans la falaise verticale, de sorte que pour atteindre la forteresse il faut traverser le village fortifié, franchir le pont-levis sur le Var, puis gravir les rampes successives de l’enceinte bastionnée, un système défensif en profondeur qui rendait la prise de la place presque impossible avec les moyens militaires du XVII᷈ siècle, et qui fait aujourd’hui de la montée vers la citadelle l’une des promenades les plus saisissantes des Préalpes du Sud.
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Alpes-de-Haute-Provence
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LAVANDE ET Terroir
Champs de lavande, distilleries, marchés et produits du terroir
Il y a des paysages qui ont fini par définir un territoire plus sûrement que n’importe quelle frontière administrative, et la lavande est de ceux-là dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ce n’est pas simplement une culture agricole parmi d’autres, c’est une identité, une couleur, une odeur qui précède le voyageur avant même qu’il soit arrivé, qui lui revient en mémoire longtemps après qu’il est reparti, et qui structure le temps du département selon un calendrier végétal aussi impérieux que les saisons : les semailles de mars, la floraison de juillet quand les rangs violets brûlent sous le soleil de midi et que l’air vibre d’abeilles, la coupe d’août avec les distilleuses mobiles installées en bordure de champ et la vapeur d’huile essentielle qui monte dans le soir bleu. Le plateau de Valensole, le plateau d’Albion, les contreforts de la Montagne de Lure, chacun de ces territoires a sa lavande, ses variétés, son calendrier, sa lumière particulière à certaines heures qui fait que les photographes du monde entier viennent s’installer entre les rangs à l’aube avec un équipement que les agriculteurs regardent avec une bienveillance amusée.Il faut distinguer — et les producteurs y tiennent, la lavande fine, ou vraie lavande (Lavandula angustifolia), qui pousse spontanément au-dessus de 800 mètres d’altitude sur les sols calcaires et pierreux, et dont l’huile essentielle est la plus fine, la plus complexe, la plus chère : une lavande de montagne qui souffre et produit peu mais produit juste, dont les fleurs plus petites et plus serrées sentent différemment des grandes cultures industrielles. Le lavandin, hybride stérile obtenu au XX᷈ siècle, plus robuste et plus productif, couvre aujourd’hui l’essentiel des grandes étendues colorées que les touristes photographient, une lavande de plaine, franche et généreuse, dont l’huile parfume les cosmétiques, les savons et les sachets vendus dans les épiceries fines du monde entier. L’Appellation d’Origine Protégée “Huile essentielle de lavande de Haute-Provence”, obtenue en 1981, protège la lavande fine des producteurs du département et des départements voisins, un label qui garantit l’altitude, la variété et les méthodes de distillation, et qui donne à cette huile un statut comparable à celui d’un grand cru viticole.Le terroir des Alpes-de-Haute-Provence ne se réduit pas à la lavande, même si elle en est le visage le plus immédiatement reconnaissable. Le miel de lavande, produit par des apiculteurs qui déplacent leurs ruches au rythme de la floraison, des garrigues de thym du printemps aux plateaux de lavande de juillet, est l’un des miels les plus fins de France, avec une texture crémeuse et une douceur florale qui ne ressemble à aucun autre. L’huile d’olive des vergers de la vallée de la Durance, les truffes noires du Luberon et des contreforts du Ventoux, les fromages de brebis et de chèvre des élevages de montagne, les vins de l’AOC Pierrevert, issus de vignes cultivées à des altitudes qui leur donnent une fraîcheur et une minéralité que les vins de plaine ne peuvent pas reproduire, composent un terroir d’une diversité que peu de départements de taille comparable peuvent revendiquer. À Forcalquier, le marché du lundi matin, l’un des plus beaux marchés provençaux, rassemble producteurs locaux et artisans dans une mise en scène du terroir qui n’a rien de folklorique, c’est simplement là que les gens du pays font leurs courses depuis des siècles.Le saviez-vous ? La distillation de la lavande en Haute-Provence remonte au moins au XVI᷈ siècle, mais c’est la création du premier laboratoire de parfumerie à Grasse, au XIX᷈ siècle, qui transforma une cueillette sauvage et artisanale en véritable filière économique. Les parfumeurs grassois, Guerlain, Coty, Fragonard, venaient s’approvisionner directement auprès des cueilleurs de Haute-Provence, et certains contrats d’exclusivité liant des familles d’agriculteurs à des maisons de parfumerie durèrent plusieurs générations. Aujourd’hui encore, les grandes maisons de parfumerie de luxe maintiennent des partenariats directs avec des producteurs de lavande fine du département, garantissant un approvisionnement en huile essentielle de qualité supérieure pour leurs fragrances les plus emblématiques, un lien invisible entre les flacons des parfumeries parisiennes et les plateaux calcaires balayés par le vent du 04.
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ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE
Activités DE PLEIN AIR
Canoë, VTT, escalade, parapente, baignade dans le Verdon
Dans un département où la densité de population est la plus faible de France métropolitaine et où les espaces naturels protégés couvrent une portion considérable du territoire, les activités de plein air ne sont pas une offre touristique ajoutée après coup à un paysage qui existait sans elles, elles sont la conséquence naturelle d’une géographie qui semble avoir été conçue pour que les hommes s’y dépensent, s’y aventurent et s’y perdent un peu. L’eau, le vent, le calcaire, la neige en altitude, les thermiques qui montent des falaises chauffées par le soleil du midi, tout ici est ressource pour qui sait l’utiliser, et les sports de plein air des Alpes-de-Haute-Provence ont cette qualité d’être ancrés dans les conditions réelles du territoire plutôt que dans des infrastructures artificielles construites pour simuler une nature absente.Le canyoning dans les gorges du Verdon et dans les nombreux autres canyons du département, les gorges de Daluis, le canyon du Riou, les gorges de Trévans, est l’activité emblématique des eaux vives locales : descente à pied dans les failles calcaires, sauts dans les vasques creusées par le courant, passages dans les étroitures où la lumière ne descend que quelques heures par jour, rappels sur des falaises mouillées, une expérience physique et sensorielle qui n’a pas d’équivalent dans les sports de montagne classiques. Le lac de Sainte-Croix, retenue artificielle créée en 1974 à l’entrée des gorges du Verdon, est devenu malgré son origine industrielle l’un des plans d’eau les plus fréquentés du département : pédalos, stand-up paddle, kayak de mer, planche à voile, une mer intérieure aux eaux turquoises où les familles et les sportifs cohabitent dans une promiscuité joyeuse que le mistral vient régulièrement bousculer.Le vol libre est une autre passion du département : les falaises de la montagne de Céüse, au-dessus de Gap, sont considérées parmi les meilleurs sites d’escalade sportive d’Europe, des voies cotées jusqu’au 9a sur un calcaire compact et surplombant que les grimpeurs du monde entier viennent tester. Mais c’est aussi un département de parapente et de delta-plane, avec des sites de décollage réputés à Digne-les-Bains, à Archail, à Saint-André-les-Alpes, où les thermiques de montagne permettent des vols en campagne de plusieurs heures et des distances qui peuvent dépasser les cent kilomètres par temps favorable. En hiver, les stations de ski de Vars, de Pra-Loup et du Sauze, reliées pour certaines au domaine de l’Espace Lumière, offrent un enneigement de qualité alpine à des altitudes comprises entre 1 400 et 2 600 mètres, avec une fréquentation qui reste humaine comparée aux grandes stations des Alpes du Nord, et des tarifs qui s’en souviennent.Le saviez-vous ? Le site d’escalade de Céüse, surplombant la ville de Gap à 2 000 mètres d’altitude, est entré dans la légende de l’escalade mondiale en 1995 lorsque le grimpeur américain Chris Sharma y réalisa la première ascension de Biographie — une voie cotée 9a+ qui fut pendant plusieurs années considérée comme la voie la plus difficile du monde et resta invaincue pendant près de deux ans après sa première. Depuis, Céüse est devenu un lieu de pèlerinage pour l’élite mondiale de l’escalade sportive, attirant chaque été des grimpeurs venus d’Europe, d’Amérique et d’Asie pour tenter les grandes lignes de ce calcaire gris-bleu dont la qualité, compact, résistant, sculpté de prises précises, est unanimement célébrée comme parmi les meilleures au monde.
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SAVOIR-FAIRE
Artisans, potiers, producteurs locaux, savoir-faire provençaux
Il existe dans les Alpes-de-Haute-Provence une tradition du faire à la main qui n’est pas une reconstitution muséale ni une performance touristique, c’est une continuité, une transmission de gestes et de savoirs qui s’est maintenue dans ce département moins par nostalgie que par nécessité, parce que l’éloignement des centres industriels et la rigueur du territoire ont longtemps imposé une autosuffisance artisanale que certaines familles n’ont jamais vraiment abandonnée. Les ateliers que l’on découvre ici, potiers, tisserands, distillateurs, souffleurs de verre, couteliers, apiculteurs, ont souvent cette double nature d’un savoir très ancien pratiqué avec des outils contemporains, d’une tradition qui s’est mise à jour sans se trahir, d’une main qui connaît le geste depuis l’enfance et qui continue d’en transmettre la logique à des apprentis venus parfois de très loin pour l’apprendre.La faïence de Moustiers-Sainte-Marie est le savoir-faire le plus emblématique du département, et l’un des plus anciens de France. Fondée à la fin du XVII᷈ siècle par un moine originaire de Faenza en Italie, la manufacture de Moustiers produisit pendant près d’un siècle des pièces qui rivalisant avec les meilleures faïences européennes, avant de décliner et de s’éteindre au début du XIX᷈ siècle. La renaissance, au milieu du XX᷈ siècle, fut le fait de passionnés qui remirent les fours en route à partir des pièces anciennes conservées dans les collections publiques : aujourd’hui, le village compte une vingtaine d’ateliers-boutiques où l’on peut assister aux différentes étapes de la fabrication, le tournage, l’émaillage, la décoration au pinceau fin, la cuisson , et où chaque pièce porte encore la marque manuscrite du faïencier qui l’a produite. Les décors bleus sur fond blanc, les grotesques, les scènes de chasse et les motifs floraux qui caractérisent les différentes écoles de Moustiers sont reconnaissables entre tous et constituent un vocabulaire décoratif d’une cohérence et d’une finesse que les reproductions industrielles n’approchent pas.La distillation des plantes aromatiques, lavande, lavandin, thym, romarin, immortelle, est un autre savoir-faire structurant du territoire. Les distilleries artisanales qui subsistent dans le département, certaines encore équipées d’alambics en cuivre du début du XX᷈ siècle, produisent des huiles essentielles dont la qualité dépend autant de la maîtrise technique de la distillation, température, pression, durée du passage de la vapeur, que de la qualité de la matière première récoltée au bon moment de la floraison. Quelques producteurs proposent des visites commentées de leur distillerie au moment de la coupe, en juillet et août, avec la possibilité d’assister à la mise en route de l’alambic et de sentir la différence entre une huile fraîchement distillée et une huile conservée, une expérience sensorielle qui change durablement la façon dont on perçoit les produits de la parfumerie courante. À Forcalquier, le couteau local, à lame pliante, manche en buis ou en corne, est fabriqué par quelques artisans coutelier dont les ateliers perpétuent une tradition qui remonte aux foires médiévales de la ville.Le saviez-vous ? La faïence de Moustiers connut son heure de gloire la plus inattendue en 1738, lorsque Louis XV, contraint par les guerres à renflouer les caisses de l’État, ordonna la fonte de toute la vaisselle d’argent de la cour de Versailles, y compris les célèbres services de table en vermeil, et la remplaça par de la faïence. Moustiers fut l’un des fournisseurs retenus pour équiper les tables royales, et cette commande royale en fit instantanément la manufacture de référence de la faïence française, déclenchant une mode qui se propagea dans toute la haute société européenne. Il n’existe aujourd’hui que très peu de pièces authentiques de cette période, la plupart ont été brisées, perdues ou confondues avec des reproductions, et les exemplaires identifiés comme provenant de la commande royale de 1738 atteignent dans les ventes aux enchères des prix qui témoignent de ce moment particulier où un petit village des Alpes du Sud habilla la table du roi de France.
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Alpes-de-Haute-Provence
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BIEN être ET Détente
Thermalisme à Digne-les-Bains, bien-être et art de vivre en Haute-Provence
Il y a dans les Alpes-de-Haute-Provence quelque chose qui prédispose au ralentissement, une qualité de l’air, une absence de bruit de fond urbain, une lumière qui change d’heure en heure sur les versants calcaires et qui oblige le regard à s’arrêter plutôt qu’à glisser. Ce n’est pas un département qui a construit son offre de bien-être sur des infrastructures de luxe importées d’ailleurs, c’est un territoire dont la géographie elle-même est thérapeutique, dont les sources thermales jaillissent depuis l’Antiquité dans des sites que les Romains avaient déjà identifiés comme des lieux de soin et de repos, et dont l’air des plateaux d’altitude a été prescrit par les médecins du XIX᷈ siècle comme remède aux maladies respiratoires avec une conviction que la médecine contemporaine n’a pas entièrement démentie. Venir ici pour se reposer, ce n’est pas choisir une destination parmi d’autres, c’est se laisser prendre par un rythme qui existait avant l’arrivée du tourisme et qui lui survivra.Gréoux-les-Bains est la station thermale emblématique du département, l’une des plus fréquentées de France pour le traitement des affections rhumatismales et des voies respiratoires, avec des eaux sulfurées-sodiques qui jaillissent à 42 degrés et qui sont utilisées médicalement depuis au moins l’époque romaine, comme en témoignent les vestiges de thermes antiques mis au jour sous la ville au XX᷈ siècle. La station a conservé une architecture thermale caractéristique de la Belle Époque, hôtels aux façades blanchies, parcs ombragés de platanes centenaires, promenades au bord du Verdon, qui lui donne une atmosphère de villégiature tranquille que les curistes apprécient autant pour sa douceur que pour ses soins. Digne-les-Bains, préfecture du département, possède elle aussi des thermes actifs dont les eaux radioactives, une particularité géologique liée au contexte géologique complexe du sous-sol dignois, sont prescrites pour les affections rhumatologiques dans un cadre montagnard à 600 mètres d’altitude qui renforce les bénéfices de la cure.Au-delà des thermes institutionnels, c’est la nature elle-même qui constitue l’infrastructure de bien-être la plus répandue du département. Les bains dans les vasques naturelles du Verdon et de ses affluents, ces creux creusés par le courant dans le calcaire blanc, remplis d’une eau turquoise à 16 degrés en juillet, sont une expérience de revitalisation que nulle thalassothérapie n’imite. Les retraites de méditation et de yoga qui se sont installées depuis les années 1980 sur les plateaux de Haute-Provence, attirées par l’isolement, la lumière et une tradition locale de vie contemplative que les monastères et les ermitages du territoire incarnent depuis le Moyen Âge — trouvent dans ce paysage un cadre qui n’a pas besoin d’être mis en scène. Les nuits à la belle étoile sur le plateau d’Albion, l’un des sites de moindre pollution lumineuse de France, où la Voie lactée est visible à l’œil nu une grande partie de l’année, appartiennent aussi à cette catégorie d’expériences simples et profondes que le département offre sans effort et sans supplément.Le saviez-vous ? Le plateau de Valensole et le pays de Forcalquier figurent régulièrement parmi les zones de France où la pollution lumineuse est la plus faible, une rareté en Europe occidentale qui a conduit l’Observatoire de Haute-Provence, installé à Saint-Michel-l’Observatoire depuis 1937, à devenir l’un des sites d’astronomie professionnelle les plus productifs du continent. C’est à l’Observatoire de Haute-Provence que fut découverte en 1995 la première exoplanète en orbite autour d’une étoile de type solaire, 51 Pegasi b, par les astronomes Michel Mayor et Didier Queloz, qui reçurent le prix Nobel de physique en 2019 pour cette découverte. Le département offre aujourd’hui plusieurs nuits d’astronomie pour le public, organisées par l’Observatoire et par des associations locales, qui permettent d’observer depuis ces mêmes cieux exceptionnellement sombres les objets que les chercheurs scrutent avec leurs instruments depuis près d’un siècle.
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Alpes-de-Haute-Provence