EXPÉRIENCE · ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE
BIEN être ET Détente
Thermalisme à Digne-les-Bains, bien-être et art de vivre en Haute-Provence

Le récit
Il y a dans les Alpes-de-Haute-Provence quelque chose qui prédispose au ralentissement, une qualité de l’air, une absence de bruit de fond urbain, une lumière qui change d’heure en heure sur les versants calcaires et qui oblige le regard à s’arrêter plutôt qu’à glisser. Ce n’est pas un département qui a construit son offre de bien-être sur des infrastructures de luxe importées d’ailleurs, c’est un territoire dont la géographie elle-même est thérapeutique, dont les sources thermales jaillissent depuis l’Antiquité dans des sites que les Romains avaient déjà identifiés comme des lieux de soin et de repos, et dont l’air des plateaux d’altitude a été prescrit par les médecins du XIX᷈ siècle comme remède aux maladies respiratoires avec une conviction que la médecine contemporaine n’a pas entièrement démentie. Venir ici pour se reposer, ce n’est pas choisir une destination parmi d’autres, c’est se laisser prendre par un rythme qui existait avant l’arrivée du tourisme et qui lui survivra.
Gréoux-les-Bains est la station thermale emblématique du département, l’une des plus fréquentées de France pour le traitement des affections rhumatismales et des voies respiratoires, avec des eaux sulfurées-sodiques qui jaillissent à 42 degrés et qui sont utilisées médicalement depuis au moins l’époque romaine, comme en témoignent les vestiges de thermes antiques mis au jour sous la ville au XX᷈ siècle. La station a conservé une architecture thermale caractéristique de la Belle Époque, hôtels aux façades blanchies, parcs ombragés de platanes centenaires, promenades au bord du Verdon, qui lui donne une atmosphère de villégiature tranquille que les curistes apprécient autant pour sa douceur que pour ses soins. Digne-les-Bains, préfecture du département, possède elle aussi des thermes actifs dont les eaux radioactives, une particularité géologique liée au contexte géologique complexe du sous-sol dignois, sont prescrites pour les affections rhumatologiques dans un cadre montagnard à 600 mètres d’altitude qui renforce les bénéfices de la cure.
Au-delà des thermes institutionnels, c’est la nature elle-même qui constitue l’infrastructure de bien-être la plus répandue du département. Les bains dans les vasques naturelles du Verdon et de ses affluents, ces creux creusés par le courant dans le calcaire blanc, remplis d’une eau turquoise à 16 degrés en juillet, sont une expérience de revitalisation que nulle thalassothérapie n’imite. Les retraites de méditation et de yoga qui se sont installées depuis les années 1980 sur les plateaux de Haute-Provence, attirées par l’isolement, la lumière et une tradition locale de vie contemplative que les monastères et les ermitages du territoire incarnent depuis le Moyen Âge — trouvent dans ce paysage un cadre qui n’a pas besoin d’être mis en scène. Les nuits à la belle étoile sur le plateau d’Albion, l’un des sites de moindre pollution lumineuse de France, où la Voie lactée est visible à l’œil nu une grande partie de l’année, appartiennent aussi à cette catégorie d’expériences simples et profondes que le département offre sans effort et sans supplément.
Le saviez-vous ?
Le plateau de Valensole et le pays de Forcalquier figurent régulièrement parmi les zones de France où la pollution lumineuse est la plus faible, une rareté en Europe occidentale qui a conduit l’Observatoire de Haute-Provence, installé à Saint-Michel-l’Observatoire depuis 1937, à devenir l’un des sites d’astronomie professionnelle les plus productifs du continent. C’est à l’Observatoire de Haute-Provence que fut découverte en 1995 la première exoplanète en orbite autour d’une étoile de type solaire, 51 Pegasi b, par les astronomes Michel Mayor et Didier Queloz, qui reçurent le prix Nobel de physique en 2019 pour cette découverte. Le département offre aujourd’hui plusieurs nuits d’astronomie pour le public, organisées par l’Observatoire et par des associations locales, qui permettent d’observer depuis ces mêmes cieux exceptionnellement sombres les objets que les chercheurs scrutent avec leurs instruments depuis près d’un siècle.
Département : Alpes-de-Haute-Provence
Situation
44,0921° N · 6,2358° E
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