EXPÉRIENCE · SAINT-PIERRE (MARTINIQUE)

Se détendre sur la plage de Pompierre

Profiter d'une magnifique baie bordée de cocotiers, protégée par des reliefs rocheux et appréciée pour son sable doré et son atmosphère tropicale.

Se détendre sur la plage de Pompierre
Photo : Josep M. Gracia —— Wikimedia Commons — Licence CC BY-SA 4.0. commons.wikimedia.org

Le récit

Il faut mériter Pompierre. La plage ne se livre pas depuis la route, elle s’atteint à pied, par un sentier qui descend depuis les hauteurs de Terre-de-Haut à travers une végétation de cactus candélabres et de figuiers de Barbarie, dans la chaleur sèche du vent caraïbe qui souffle sur ce versant abrité de l’île sans jamais vraiment fraîchir. Dix, quinze minutes de marche selon l’allure, et puis le sentier débouche brusquement sur ce que l’on cherchait : un croissant de sable blanc d’une finesse presque irréelle, fermé par deux pointes rocheuses couvertes de végétation, ouvert sur une eau dont les couleurs changent du blanc laiteux à l’émeraude puis au bleu de Prusse à mesure que le fond s’éloigne. Pas de route, pas de parking, pas de restaurant de plage avec chaises longues et musique, juste le sable, l’eau, les rochers et les quelques baigneurs qui ont fait comme vous le chemin depuis le bourg, portant leur serviette et leur tuba, et qui ont la décence collective de se disperser suffisamment pour que chacun ait l’impression d’être seul.
L’eau de Pompierre est d’une clarté qui décourage toute nonchalance : on ne peut pas s’y baigner sans masque, parce que ce serait gâcher. Les herbiers de posidonies qui tapissent le fond entre les rochers abritent des poissons-perroquets aux écailles turquoise et rose qui broutent le corail avec le bruit d’un ciseau sur de la pierre, des oursins noirs dont il faut surveiller les piquants entre les dalles de roche, des seiches qui changent de couleur en une fraction de seconde quand elles se sentent observées. La plage de Pompierre est une de ces plages dont on ne parle pas trop fort, non par mesquinerie, mais parce qu’on a le sentiment obscur que la raconter serait déjà la diminuer, et que certaines choses n’appartiennent vraiment qu’à ceux qui ont fait le chemin pour les mériter.

Le saviez-vous ?
Les Saintes, archipel de huit îles et îlets dont seules Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont habitées, sont peuplées en majorité par les descendants des premiers colons bretons et normands qui s’y installèrent au XVII᷈ siècle, et qui constituent l’une des rares communautés blanches créoles des Antilles françaises à avoir maintenu une relative homogénéité culturelle et génétique au fil des siècles. Les Saintois, comme ils se nomment eux-mêmes, ont développé une identité distincte de celle de la Guadeloupe continentale : leur accent, leur cuisine, leurs traditions de pêche, notamment le pointu, embarcation de pêche à voile latine héritée des techniques méditerranéennes apportées par les premiers colons, et leur rapport à la mer sont autant de marqueurs d’une singularité insulaire que les trois heures de ferry depuis Pointe-à-Pitre ont contribué à préserver mieux que n’importe quelle politique de protection culturelle.

Commune : Saint-Pierre (Martinique)

Situation

14,7431° N · 61,1751° O