EXPÉRIENCE · MARTINIQUE

Bien-être- détente

Se ressourcer dans les spas et soins créoles de Martinique

Bien-être- détente
Photo : Illustration photoréaliste générée par intelligence artificielle avec ChatGPT (OpenAI)

Le récit

La Martinique a inventé une forme de bien-être qui ne doit rien aux protocoles importés des grandes chaînes hôtelières internationales, ou plutôt, qui leur a emprunté la forme pour la remplir d’une substance entièrement créole. Les soins au rhum vieux, à l’huile de coco vierge extraite à froid des noix ramassées sur les plages du nord, à la canne à sucre en exfoliant, au vétiver dont les racines poussent dans les mornes et dont l’essence est distillée localement, tout cela existait dans les pratiques domestiques martiniquaises bien avant que les spas ne les mettent en protocole. Les grand-mères savaient déjà que le bain de feuilles de bois d’Inde soulageait les douleurs musculaires, que la pulpe de papaye attendrissait la peau, que l’huile de coco chauffée avec des fleurs d’ylang-ylang apaisait les insomnies, et c’est cette sagesse-là que les meilleurs soins de l’île ont su formaliser sans la dénaturer.
Les établissements de bien-être les plus cohérents avec l’identité martiniquaise travaillent avec les plantes médicinales locales, le bois d’Inde, la citronnelle, le vétiver, la vanille, la noix de muscade, et proposent des massages dont les techniques empruntent autant aux traditions africaines du toucher qu’aux influences indiennes amenées par les travailleurs sous contrat au XIX᷈ siècle. Les hôtels de charme des Trois-Îlets, de Sainte-Anne ou du François ont développé des espaces spa où l’on peut passer de la piscine à débordement avec vue sur le lagon à un soin au beurre de karité et à l’eau de coco, puis à un hammam parfumé à la citronnelle, dans une continuité sensorielle qui est elle-même une forme de luxe tropical, un luxe qui ne cherche pas à ressembler à Bali ou à Thaïlande, mais qui assume pleinement d’être martiniquais.

Le saviez-vous ?
Le vétiver — Chrysopogon zizanioides , est une graminée dont les racines, contrairement à la quasi-totalité des plantes, poussent vers le bas plutôt que de s’étaler horizontalement, pouvant atteindre trois à quatre mètres de profondeur en sol meuble. Cette propriété en fait un outil de lutte contre l’érosion des talus et des pentes particulièrement précieux en milieu tropical montagneux, et c’est pourquoi on le plante sur les versants des mornes martiniquais depuis des siècles, pour retenir la terre. Mais c’est son huile essentielle, extraite par distillation à la vapeur des racines séchées et broyées, qui lui a valu une renommée mondiale dans la parfumerie et la cosmétique : riche, terreuse, fumée, avec des notes de bois humide et de cuir, elle entre dans la composition de nombreux grands parfums classiques et constitue aujourd’hui l’un des ingrédients signatures des soins de beauté élaborés aux Antilles.

Département : Martinique

Situation

14,6037° N · 61,0742° O

Dans les villages de la Martinique