EXPÉRIENCE · MARTINIQUE

ARTISANAT Créole

Découvrir l’artisanat créole en Martinique — Martinique

ARTISANAT Créole
Photo : Illustration photoréaliste générée par intelligence artificielle avec ChatGPT (OpenAI)

Le récit

L’artisanat martiniquais n’est pas un folklore reconstruit pour les vitrines des boutiques de souvenirs, c’est un ensemble de savoir-faire vivants qui traversent les générations avec la vitalité des techniques que la nécessité a inventées et que l’amour du beau a raffinées. La vannerie en feuilles de latanier, ce palmier dont les frondes tressées donnent des chapeaux, des paniers et des nattes d’une légèreté et d’une souplesse qui défient les matières synthétiques ; la poterie de terre rouge de Saint-Esprit et de La Plaine, façonnée à la main selon des méthodes qui remontent aux potières amérindiennes d’avant la colonisation et que les femmes créoles ont adoptées, adaptées et transmises de mère en fille jusqu’à aujourd’hui ; la coutellerie de Sainte-Marie dont les couteaux à manche en bois de gayac ou en corne de bœuf sont des outils autant que des objets d’art, chacun de ces artisanats dit quelque chose d’essentiel sur la Martinique, sur la manière dont une culture se forge à partir de plusieurs héritages superposés et finit par produire quelque chose d’entièrement nouveau.
Les marchés artisanaux de Fort-de-France, de Sainte-Anne et du Marin offrent des rencontres directes avec les artisans qui souvent travaillent sur place, expliquant leur geste à qui s’arrête et questionne avec une ouverture qui n’est pas de la complaisance commerciale mais la fierté naturelle du savoir-faire maîtrisé. Les ateliers de madras, ce tissu à carreaux dont les couleurs et le nouage du foulard sur la tête constituaient un langage social codé sous l’esclavage, proposent des initiations au port traditionnel du costume créole qui donnent à comprendre en une heure ce que les musées expliquent en plusieurs salles.

Le saviez-vous ?
Le madras martiniquais, ce tissu à carreaux de coton aux couleurs vives rouge, jaune, vert et bleu, tire son nom de la ville indienne de Madras, actuelle Chennai, d’où il fut importé aux Antilles par les marchands européens dès le XVIIe siècle. Adopté par les femmes esclaves puis affranchies comme tissu de fête et d’apparat, il devint au fil des siècles le symbole vestimentaire de l’identité créole antillaise. Le nœud du foulard de tête — le tèt doubout ou tèt kouvè selon la façon dont il est noué, constituait sous l’esclavage un véritable code social : le nombre de pointes du nœud indiquait la situation sentimentale de celle qui le portait, un langage muet que les femmes avaient inventé pour communiquer sous les yeux des maîtres qui n’en connaissaient pas la grammaire.

Département : Martinique

Situation

14,6037° N · 61,0742° O

Dans les villages de la Martinique