
Photo : Florian Pépellin / Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0. commons.wikimedia.org
- Le village fluvial traditionnel, avec ses maisons anciennes, ses églises, son vieux pont suspendu et ses ruelles qui racontent l’histoire de la vie au bord du Rhône, à la croisée de l’Ain et de la Haute-Savoie.
- Le Rhône sauvage et les vignobles où la nature préservée s’étend entre collines, sentiers, vignobles AOC et rives propices à la balade, à la pêche ou à l’observation de la faune.
- 1 008 habitants
- 2,4 km² superficie
- 01420 code postal
- 422 hab. au km²
Découvrir le village
Seyssel est une petite ville située à la frontière entre les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie, au bord du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Connue pour être “la porte de la Savoie”, Seyssel possède la particularité d’être composée de deux communes distinctes, Seyssel (Ain) et Seyssel (Haute-Savoie), séparées par le fleuve et reliées par un vieux pont suspendu emblématique.
La ville bénéficie d’un cadre naturel remarquable, entourée de collines, de vignobles, de forêts et du fleuve Rhône, qui offre de nombreux loisirs nautiques, pêche, balades et points de vue sur les montagnes du Bugey et des Alpes. Seyssel est aussi réputée pour son vin blanc AOC, le Seyssel, issu du cépage Altesse, et pour ses marchés animés.
Le patrimoine de Seyssel comprend l’église Saint-Blaise, le vieux pont, des maisons anciennes, des quais aménagés, ainsi que des sentiers de randonnée et des pistes cyclables le long du Rhône. La ville vit au rythme de ses fêtes traditionnelles, de ses événements nautiques et de sa convivialité villageoise.
En résumé, Seyssel conjugue patrimoine fluvial, nature, histoire, terroir viticole et douceur de vivre, offrant une escale authentique et pittoresque à la croisée de l’Ain et de la Haute-Savoie.
Histoire
Seyssel est marquée par sa position stratégique sur le Rhône, à la frontière naturelle entre l’Ain et la Haute-Savoie. Dès l’Antiquité, le site est un point de passage important, mentionné comme étape sur la voie romaine reliant Vienne à Genève. Un bac puis un premier pont y permettent de franchir le fleuve dès le Moyen Âge.
Au fil des siècles, Seyssel se développe comme ville frontière entre la Savoie et la France, bénéficiant d’un commerce actif, de foires et d’un péage fluvial. Cette situation donne naissance à deux communes distinctes : Seyssel côté Ain (anciennement française) et Seyssel côté Haute-Savoie (anciennement savoyarde), chacune avec sa propre église, sa mairie et son identité, mais reliées par le vieux pont suspendu.
La ville prospère au XIXᵉ siècle grâce à la navigation sur le Rhône, à la culture de la vigne (célèbre vin blanc de Seyssel) et à l’essor industriel (moulins, scieries, tuileries). Les grandes crues du Rhône et les modifications du cours du fleuve marquent aussi la mémoire locale.
Au XXᵉ siècle, l’aménagement du Rhône, la construction de barrages et le développement du tourisme (nautisme, randonnées, marchés) redonnent vie à la commune, qui valorise aujourd’hui son patrimoine, son terroir viticole, sa convivialité et son cadre naturel exceptionnel.
Seyssel reste une étape emblématique entre Ain et Haute-Savoie, à la croisée de l’histoire, du fleuve et des montagnes.
Patrimoine
Seyssel reflète à la fois son histoire fluviale, sa situation de ville frontière et son cadre naturel privilégié.
Le vieux pont suspendu, reliant Seyssel-Ain à Seyssel-Haute-Savoie, est l’un des symboles emblématiques de la ville. Il offre un superbe panorama sur le Rhône et relie deux communes aux identités complémentaires. Les quais aménagés, les anciennes maisons de péage, les marchés et les lavoirs rappellent l’importance du commerce et de la navigation sur le fleuve.
L’église Saint-Blaise (côté Haute-Savoie) et l’église Saint-François-de-Sales (côté Ain) témoignent de la richesse religieuse et architecturale de Seyssel. Le centre ancien conserve des maisons traditionnelles, des ruelles étroites, des places conviviales et quelques vestiges médiévaux.
Le patrimoine naturel n’est pas en reste : le Rhône, les collines environnantes, les vignobles (AOC Seyssel), les sentiers de randonnée, les pistes cyclables et les espaces boisés participent à l’identité de la ville. Le fleuve est aussi le théâtre de fêtes nautiques, de pêche et d’activités sportives, perpétuant la tradition fluviale de Seyssel.
Enfin, la gastronomie locale, les marchés, les caves de dégustation et la convivialité des habitants font partie intégrante du patrimoine vivant de Seyssel, qui incarne un art de vivre authentique entre Ain et Haute-Savoie.
Le saviez-vous ?
Selon la légende de Seyssel, le vieux pont suspendu serait protégé par l’esprit d’un passeur ancestral. On raconte qu’autrefois, un passeur au grand cœur aidait les voyageurs à franchir le Rhône, même lors des crues les plus dangereuses. Un soir de tempête, il aurait sauvé une famille de la noyade, puis disparu mystérieusement dans la brume. Depuis, les habitants disent qu’aux nuits de brouillard, on peut apercevoir une silhouette bienveillante sur le pont, guidant les voyageurs et veillant à ce que le fleuve reste paisible.
Une autre histoire populaire évoque la présence d’un trésor caché sur l’une des îles du Rhône, laissé par des contrebandiers qui utilisaient la frontière naturelle pour échapper aux douaniers. On raconte que seuls les plus courageux et les plus honnêtes pourraient, lors d’une nuit sans lune, entrevoir la lumière menant au trésor.
Ces récits, transmis de génération en génération, participent à la magie de Seyssel et rappellent le lien profond entre le village, son fleuve et les mystères de la frontière.
Vivez Seyssel autrement
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Activités sportivesDégustation de vin de Seyssel
Visiter un domaine viticole pour découvrir les cépages Altesse et Molette, la plus ancienne AOC de Savoie.
Il existe dans le paysage viticole français quelques appellations si discrètes qu’elles semblent n’exister que pour ceux qui les cherchent vraiment, des vins qui ne s’exportent guère, qui ne s’affichent pas sur les cartes des grandes tables parisiennes, et qui ont pour cette raison conservé quelque chose d’intact que les appellations célèbres ont depuis longtemps perdu : le lien vivant entre un terroir singulier, une poignée de vignerons qui le connaissent intimement, et une communauté locale qui le boit comme on boit l’eau d’une source familière. Le vin de Seyssel est de ceux-là. Produit sur les coteaux calcaires de la cluse du Rhône, dans cette étroite fenêtre géographique où la montagne savoyarde s’ouvre sur le fleuve entre Culoz et Chanaz, il appartient à l’une des plus anciennes appellations de France, AOC depuis 1942, et pourtant il reste méconnu, comme si l’ancienneté et la discrétion avaient fait entre eux un pacte que la mode n’a pas encore rompu.La dégustation d’un vin de Seyssel est d’abord une leçon de géographie. Les cépages autorisés, la Roussette de Savoie pour les blancs tranquilles, la Molette et l’Altesse pour les pétillants, sont des variétés locales qui n’ont pas conquis d’autres terroirs et qui, sur ces sols de calcaire et de molasse, produisent des vins d’une minéralité particulière, avec cette légèreté et cette fraîcheur que l’altitude et la proximité du Rhône imposent naturellement aux vignes. Le Seyssel pétillant — le plus connu des deux types produits dans l’appellation, a une bulle fine et persistante, un nez de fleurs blanches et de miel d’acacia, une bouche vive et élégante qui finit sur des notes d’amande et de noisette légèrement grillée. C’est un vin de fête modeste, un vin de table familiale, un vin dont la complexité n’est pas ostentatoire et qui demande d’être écouté plutôt que scruté.Chez les vignerons de l’appellation, une dizaine seulement, pour une surface plantée qui tient dans quelques dizaines d’hectares, la dégustation est rarement formelle. On entre dans la cave comme on entre chez quelqu’un, on parle de la vigne et du millésime avant de parler du vin, et c’est souvent debout, verre en main, entre les fûts et les cuves, que l’on comprend ce que signifie appartenir à une appellation que l’on est à peu près seuls à défendre. Il y a dans cette dégustation-là une qualité d’échange que les grandes maisons de négoce ne peuvent pas offrir : la voix du vigneron qui dit « cette année, le gel de mai nous a pris le tiers de la récolte », et le verre qui, du coup, goûte différemment.Le saviez-vous ? Le vin de Seyssel fut l’un des vins favoris du roi Henri IV, qui en faisait venir à la cour selon certaines chroniques locales, fait difficile à vérifier avec certitude mais ancré dans la mémoire collective de la région. Ce qui est historiquement attesté, en revanche, c’est que l’appellation Seyssel fut l’une des toutes premières à être reconnue officiellement en France, en 1942, aux côtés de quelques grandes appellations nationales, ce qui témoigne de l’ancienneté et de la réputation établie de ce vignoble alpin bien avant que la notion d’AOC ne soit codifiée dans la législation française.
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Activités sportivesNaviguer sur le Rhône
rofiter des activités nautiques (canoë, paddle, bateau) grâce au fleuve redevenu navigable depuis 2009.
Il y a un moment, sur le Rhône, où l’on cesse de penser au fleuve comme à une frontière ou à une route et où l’on commence à le percevoir comme un être vivant — quelque chose qui a ses humeurs, ses accélérations et ses pauses, ses zones d’ombre sous les saules et ses larges miroirs d’eau calme où le ciel se reflète avec une précision troublante. À Seyssel, là où le Rhône sort des gorges de la cluse pour s’élargir dans la plaine, cette perception s’impose avec une force particulière : le fleuve vient de traverser des kilomètres de calcaire resserré, il porte encore dans sa vitesse quelque chose de la pression accumulée dans les défilés en amont, et quand il se dénoue enfin entre les rives verdoyantes de la Haute-Savoie et de l’Ain, on sent physiquement ce relâchement ,une respiration plus ample, un tempo différent.Naviguer sur cette portion du Rhône, en canoë, en kayak, ou à bord de l’une des embarcations légères que proposent les acteurs locaux du tourisme fluvial, c’est traverser un paysage qui n’existe que depuis l’eau. Depuis la berge, on voit les coteaux viticoles, les peupliers, les villages perchés sur les hauteurs ; depuis le fleuve, on voit autre chose : les îles de gravier où nichent les sternes et les hérons, les tourbillons discrets qui signalent les courants invisibles en surface, la façon dont la lumière change selon que l’on est à l’ombre de la rive boisée ou en plein soleil sur le fil du courant. Le pont suspendu de Seyssel, deux en réalité, un sur chaque bras du fleuve, construits au XIXe siècle pour relier les deux rives et les deux départements que le Rhône sépare, se traverse différemment depuis l’eau : on passe dessous plutôt que dessus, et le métal et la pierre prennent une tout autre dimension quand on les voit à hauteur de l’eau depuis un kayak qui file sous l’arche.Le Rhône à Seyssel est aussi un corridor de biodiversité que la navigation lente permet d’observer avec une patience que la terre ferme n’autorise pas de la même façon. Le castor, réintroduit dans le bassin rhodanien dans les années 1970, est ici bien établi, et ses traces, arbres rongés en biseau, barrages de branchages, terriers creusés dans les berges, se lisent depuis l’eau comme un texte que l’on apprend à déchiffrer au fil des kilomètres. Les balbuzards pêcheurs, de passage en migration, s’arrêtent parfois au-dessus du fleuve dans leurs vols stationnaires avant le plongeon. Et au crépuscule, quand les eaux du Rhône prennent les couleurs orangées du couchant et que les chauves-souris commencent leurs rondes au ras de la surface, naviguer sur cette portion du fleuve devient quelque chose qui ressemble moins à une activité sportive qu’à une forme de contemplation en mouvement.Le saviez-vous ? Le Rhône à Seyssel marque la frontière entre deux départements, la Haute-Savoie (74) sur la rive gauche et l’Ain (01) sur la rive droite, mais il constitua pendant des siècles la frontière entre deux États distincts : le duché de Savoie à l’est et le royaume de France à l’ouest. Le pont de Seyssel, longtemps l’un des rares points de franchissement du fleuve dans cette région montagneuse, était donc un passage stratégique majeur, contrôlé et taxé, par lequel transitaient les marchandises, les voyageurs et les armées entre la Savoie et la France, deux pays qui ne fusionneront qu’en 1860, lors du rattachement de la Savoie à la France par le traité de Turin.
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Activités sportivesParcourir la Via Rhôna
Emprunter cet itinéraire cyclable longeant le fleuve, avec vue sur les deux bourgs de Seyssel.
La Via Rhôna est l’un de ces projets qui n’ont l’air de rien sur le papier, un itinéraire cyclable le long d’un fleuve, comme il en existe d’autres en France et en Europe — et qui révèlent, quand on les parcourt, quelque chose d’inattendu sur le territoire qu’ils traversent. Longer le Rhône à vélo depuis le lac Léman jusqu’à la Méditerranée, c’est traverser une France verticale, une France de vallée et de plaine qui descend vers le sud en changeant de lumière, de végétation et de langue avec une progressivité que la voiture efface et que le train ignore. À Seyssel, où la Via Rhôna franchit le fleuve sur les ponts suspendus et change de rive et de département en quelques coups de pédale, on perçoit avec une acuité particulière ce que cet itinéraire a de fondamentalement fluvial : on ne traverse pas un paysage, on suit un fil conducteur, et ce fil a sa logique propre, ses accélérations dans les gorges et ses élargissements dans les plaines, ses rives alternativement sauvages et habitées.La portion seysselloise de la Via Rhôna concentre plusieurs des qualités qui font de cet itinéraire l’un des plus beaux véloroutes de France. La cluse du Rhône entre Culoz et Seyssel offre des passages où le fleuve et la route cyclable se serrent entre des falaises calcaires qui montent presque verticalement des deux côtés, créant une atmosphère de canyon méditerranéen que l’on n’attend pas à cette latitude et à cette altitude. Puis la vallée s’ouvre, les coteaux viticoles de l’appellation Seyssel apparaissent sur la droite, les premiers alpages de la Montagne des Princes sur la gauche, et le Rhône se fait plus large et plus calme, on roule alors à hauteur d’eau, dans cette lumière rasante que le fleuve réfléchit vers le ciel et qui donne aux fins d’après-midi de printemps et d’automne une qualité presque dorée, irréelle.Ce que la Via Rhôna offre à Seyssel que les autres véloroutes ne peuvent pas offrir, c’est cette superposition de temporalités qui caractérise les villes-frontières. On pédale sur un itinéraire du XXIe siècle, aménagé avec le soin des infrastructures cyclables modernes, mais on longe des ponts du XIXe siècle qui enjambaient une frontière d’État, on passe devant des caves à vin dont les cépages remontent au Moyen Âge, on traverse une ville dont le plan n’a guère changé depuis que le Rhône décida, il y a des millénaires, de creuser son passage entre ces deux massifs calcaires. La bicyclette, sur la Via Rhôna, est une machine à traverser le temps autant que l’espace, et Seyssel est l’un des points de cette traversée où le temps se laisse le mieux sentir.Le saviez-vous ? La Via Rhôna, inaugurée officiellement en 2017, s’étend sur environ 815 kilomètres entre le lac Léman à Genève et la mer Méditerranée à Sète, traversant quatre régions françaises et longeant un fleuve que les Romains appelaient Rhodanus et considéraient comme l’une des grandes artères de leur empire en Gaule. L’itinéraire emprunte par endroits d’anciens chemins de halage, ces voies aménagées le long des canaux et des rivières pour permettre aux chevaux de tirer les péniches contre le courant, dont certains tronçons à Seyssel sont encore reconnaissables dans leur tracé et leur largeur, témoins silencieux d’une époque où le Rhône était avant tout une voie de commerce et de transport que des générations de mariniers et de haleurs ont animée pendant des siècles.
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Grimper le Grand Colombier à vélo
Relever le défi de ce col mythique du Tour de France, pour les cyclistes les plus sportifs.
Il y a des cols que l’on gravit pour ce qu’ils offrent au sommet, et il y a des cols que l’on gravit pour ce qu’ils font subir en chemin, et le Grand Colombier appartient résolument à la seconde catégorie. Non pas que le sommet déçoive : à 1 534 mètres, le panorama embrasse le lac du Bourget, les massifs alpins de la Chartreuse et du Vercors, et par temps clair une portion du Mont-Blanc qui surgit au-dessus des crêtes comme une aparition. Mais ce dont on se souvient après avoir grimpé le Grand Colombier, ce n’est pas le paysage du sommet, c’est le trajet lui-même, les jambes qui brûlent dans les passages à 14 % entre Culoz et la crête, la forêt dense qui cache le ciel pendant les premiers kilomètres avant que les alpages s’ouvrent soudainement, et cette négociation intérieure que tout cycliste connaît et que ce col sait pousser à ses limites.Le Grand Colombier est l’un des cols les plus durs de France à ne pas figurer dans la mythologie cycliste populaire, il est difficile comme un col des Alpes du Sud, régulier dans son exigence comme un col des Pyrénées, et pourtant il reste dans l’ombre de ses voisins plus célèbres. Les quatre versants par lesquels on peut l’aborder, Culoz, Virieu-le-Petit, Anglefort et Artemare, proposent chacun un caractère distinct : le versant de Culoz est le plus direct et le plus brutal, avec des pourcentages qui ne laissent aucun répit dans la partie haute ; le versant d’Artemare monte plus progressivement à travers les villages du Valromey, dans un paysage de prairies et de fermes qui adoucit l’effort sans l’annuler. Les grimpeurs qui cherchent la souffrance pure choisissent Culoz ; ceux qui cherchent aussi le plaisir des yeux choisissent Artemare. Les plus ambitieux font les deux dans la même journée, et ils ont tort de sous-estimer ce que la descente d’un versant fait aux jambes avant la montée de l’autre.Le Tour de France a découvert le Grand Colombier tardivement, une première apparition en 2012, plusieurs passages depuis, dont un mémorable en 2020 où Tadej Pogačar y fit l’une de ses premières démonstrations de force avant sa victoire finale. Cette visibilité tardive n’a pas transformé le col en destination de masse : il reste fréquenté par les cyclistes qui savent ce qu’ils cherchent, avec cette ambiance de col confidentiel que les grands cols n’ont plus depuis longtemps. Les vaches charolaises qui paissent dans les alpages du sommet regardent passer les vélos avec une indifférence qui dit bien que le Grand Colombier n’appartient pas au monde du spectacle cycliste mais à celui, plus silencieux, de l’effort solitaire et consenti.Le saviez-vous ? Le Grand Colombier doit son nom non pas à l’oiseau colombe mais au mot latin columbarium, qui désignait à l’origine un pigeonnier, et par extension, dans la toponymie alpine, une crête dentelée dont les anfractuosités rocheuses ressemblent aux niches d’un pigeonnier. Cette étymologie se retrouve dans plusieurs sommets et lieux-dits des Alpes occidentales, et rappelle que la toponymie de montagne est souvent une description précise de la géographie vue depuis le bas par des générations de paysans qui connaissaient leurs sommets mieux que nous ne connaissons nos voisins.
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Randonnées et sentiersVisiter les églises des deux rives
Découvrir les statues mariales (Notre-Dame du Bon Départ et Notre-Dame du Pont) ainsi que les vitraux consacrés à Saint François de Sales.
Seyssel est une ville double — deux communes, deux départements, deux rives du Rhône reliées par leurs ponts suspendus, et cette dualité, qui structure l’espace urbain et l’identité locale depuis des siècles, se lit peut-être nulle part aussi clairement que dans ses églises. Traverser le fleuve pour passer de l’une à l’autre, c’est faire en quelques minutes un voyage qui condense plusieurs siècles d’histoire religieuse, architecturale et politique : d’un côté la rive savoyarde avec son église paroissiale qui porte dans sa pierre les traces du catholicisme post-tridentin que le duché de Savoie pratiqua avec une ferveur particulière ; de l’autre la rive aindinoise, marquée par une histoire différente, les guerres de Religion y laissèrent des empreintes que l’on perçoit encore dans la sobre austérité de certains édifices, dans la façon dont la lumière entre et dans ce que l’architecture choisit de ne pas orner.L’église Saint-Pierre, côté Haute-Savoie, s’inscrit dans la tradition des reconstructions baroques que les évêques de Genève encouragèrent sur leurs terres après le concile de Trente, quand il s’agissait de réaffirmer la présence catholique face aux avancées du protestantisme genevois tout proche. Les façades de ces églises savoyardes ont quelque chose de délibérément expressif, clochers qui dominent le village, portails sculptés, intérieurs où la couleur et la dorure participent d’une pédagogie du sensible que la Réforme avait voulu abolir. Côté Ain, l’église de Seyssel-rive-droite parle une autre langue architecturale, plus retenue, héritière d’une histoire où les équilibres confessionnels furent plus longtemps disputés et où la modestie formelle devint une forme de prudence autant qu’une esthétique.Ce que le visiteur qui prend le temps de traverser les deux rives et d’entrer dans les deux édifices emporte avec lui, c’est moins une leçon d’histoire de l’art qu’une perception physique de ce que signifie une frontière quand elle traverse une ville : les mêmes familles habitaient des deux côtés, se mariaient d’une rive à l’autre, traversaient le pont pour les foires et les marchés, et pourtant chaque rive avait son église, son curé, son registre paroissial, son rapport propre au sacré. Le Rhône séparait deux États, mais les cloches des deux rives s’entendaient de l’une à l’autre, et c’est peut-être dans ce dialogue sonore que la ville double trouvait son unité profonde, au-delà des frontières, des départements et des siècles.Le saviez-vous ? Avant le rattachement de la Savoie à la France en 1860, les deux rives de Seyssel relevaient de deux souverainetés distinctes et de deux diocèses différents : la rive savoyarde dépendait du diocèse d’Annecy, tandis que la rive aindinoise relevait du diocèse de Belley. Cette dualité ecclésiastique doublait la frontière politique d’une frontière religieuse administrative, avec ses propres registres, ses propres fêtes patronales, et parfois ses propres querelles de préséance entre curés de rives opposées, querelles dont les archives diocésaines des deux côtés conservent de savoureux témoignages.
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Randonner sur la Montagne des Princes
Profiter des sentiers de randonnée offrant des panoramas sur la vallée du Rhône.
Il y a des noms de lieux qui portent en eux toute une histoire avant même que l’on sache ce qu’ils désignent, et la Montagne des Princes est de ceux-là. Le nom suffit à convoquer quelque chose, une hauteur à l’écart, un territoire réservé, le souvenir d’une époque où certains massifs forestiers et certaines crêtes étaient la chasse gardée des puissants, interdits au commun des mortels qui vivaient dans les vallées et regardaient ces sommets de loin. Aujourd’hui la montagne est ouverte, les sentiers la traversent librement, et les randonneurs qui s’y engagent depuis les abords de Seyssel n’ont à demander de permission à personne, mais le nom demeure, et il donne à chaque pas sur ces crêtes boisées du Bugey une légère coloration historique qui enrichit la marche d’une dimension que les massifs anonymes ne possèdent pas.La randonnée sur la Montagne des Princes depuis Seyssel offre ce que les hauteurs du Bugey savent donner mieux que beaucoup d’autres reliefs : un passage progressif entre les mondes. On part du fleuve, le Rhône en bas, large et calme dans sa plaine, on traverse d’abord les vignes des coteaux de l’appellation Seyssel, puis la forêt de chênes et de charmes prend le relais, dense et silencieuse, avant que les clairières et les alpages du sommet n’ouvrent le panorama sur une géographie qui semble soudain beaucoup plus vaste que ce que la vallée laissait imaginer. Le lac du Bourget apparaît à l’ouest, le Grand Colombier barre l’horizon au nord, et par temps clair les Alpes déploient leur rideau de neiges du Mont-Blanc au Belledonne avec cette générosité que les crêtes du Bugey réservent à ceux qui font l’effort de les atteindre.Ce qui distingue cette randonnée des circuits alpins plus spectaculaires des massifs voisins, c’est précisément son caractère intermédiaire — ni la haute montagne avec ses glaciers et ses à-pics, ni la simple promenade de plaine. La Montagne des Princes appartient à cette catégorie de reliefs modestes et complets qui conviennent à tous les marcheurs sérieux sans en décourager les moins aguerris, et qui offrent en échange de l’effort une solitude que les grands sites ne peuvent plus garantir. Les chemins y sont souvent déserts en semaine, les seuls bruits sont ceux de la forêt et du vent sur les crêtes, et l’on croise parfois un chevreuil qui disparaît entre les hêtres avec cette vitesse fluide qui rappelle que ces bois ont leurs habitants permanents dont nous ne sommes que les visiteurs passagers.Le saviez-vous ? La dénomination « Montagne des Princes » renvoie aux privilèges cynégétiques que les princes de Savoie, puis les rois de Sardaigne, exercèrent sur ces forêts du Bugey pendant plusieurs siècles. Le Bugey fut intégré au duché de Savoie en 1601 par le traité de Lyon, qui mit fin à la guerre entre Henri IV et le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier, avant d’être rattaché définitivement à la France. Durant cette période savoyarde, les forêts de hauteur constituaient des réserves de chasse princières jalousement gardées, et les paysans qui y braconnaient s’exposaient à des sanctions sévères. Le traité de Lyon de 1601 est d’ailleurs l’un des rares traités de l’histoire française à avoir modifié durablement la carte du royaume en faveur de la France dans cette région.
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Les secrets de Seyssel
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Seyssel depuis la rive gauche du Rhône
Peu de visiteurs réalisent en traversant le pont qu'ils changent en réalité de département : Seyssel forme une seule agglomération perçue comme une ville unique malgré cette séparation administrative
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Le culte marial méconnu des mariniers
L'intensité de la dévotion à la Vierge protectrice des bateliers, autrefois vitale pour une activité économique dangereuse, reste aujourd'hui difficile à percevoir pour des visiteurs qui découvrent ces statues sans connaître leur fonction protectrice originelle.
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Un vignoble sur deux rives
Le vignoble de Seyssel s'étend à cheval sur les deux départements, entre 200 et 400 mètres d'altitude, une continuité viticole qui ignore la frontière administrative du Rhône.
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La renaissance récente de la navigation
Peu de gens savent que le Rhône n'était plus navigable à cet endroit avant 2009, année de la réouverture des écluses d'Anglefort et Virignin, permettant de rejoindre à nouveau le lac du Bourget.
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Le lien architectural avec Saint François de Sales
Les vitraux de l'église de Seyssel Ain, consacrés à ce saint savoyard, rappellent des liens historiques entre le Pays de Seyssel et la spiritualité savoyarde, souvent méconnus des visiteurs de passage.
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Une balade apéro avec un vigneron
Chaque été, une animation méconnue permet de déguster vins et jus de fruits locaux en bord de Rhône, en compagnie directe d'un viticulteur, une expérience confidentielle plus qu'une attraction touristique classique.
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Seyssel en 5 clés
- Une ville, deux départements Séparée par le Rhône depuis 1760, Seyssel se divise entre Ain et Haute-Savoie, une configuration administrative unique en France.
- Deux ponts, une même histoire Le vieux pont du XIXe siècle et le pont à haubans de 220 mètres relient symboliquement les deux rives et les deux communes.
- Le culte protecteur des bateliers Notre-Dame du Bon Départ et Notre-Dame du Pont veillaient autrefois sur les mariniers du Rhône, témoins d'une intense activité batelière.
- La plus ancienne AOC de Savoie Le vignoble de Seyssel, hérité des moines du XIVe siècle, produit des vins réputés à base d'Altesse et de Molette.
- Un écrin entre deux montagnes Le Grand Colombier et la Montagne des Princes encadrent la ville, offrant un cadre naturel exceptionnel entre fleuve et sommets.
À proximité
- Seyssel 0,5 km
- Corbonod 2,3 km
- Bassy 2,7 km
- Droisy 4,1 km
- Motz 4,2 km
Situation
45,9558° N · 5,8319° E
Seyssel fait partie des communes de l'Ain.